Édouard Philippe et Sébastien Lecornu alertent sur la dette française et la crise financière potentielle
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Édouard Philippe, candidat centriste à l'élection présidentielle de 2027, met en garde contre un long étranglement financier de la France dû à l'accroissement de la dette et à l'absence de marge de manœuvre, tandis que le Premier ministre Sébastien Lecornu alerte sur l'envolée des taux d'intérêt de la dette française, désormais proches de 5 %, et appelle à voter le budget 2027 pour éviter une crise financière.
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Why It Matters
La dette française continue d'augmenter, les taux d'intérêt de la dette française approchent les 5 %, et le spread entre les obligations françaises et allemandes dépasse les 120 points de base, signe de méfiance des marchés. Le gouvernement prépare un budget 2027 prévoyant 54 milliards d'euros d'économies, incluant des mesures sur les retraites et la fiscalité.
«C’est peu réjouissant, mais c’est la réalité», a mis en garde Édouard Philippe sur le plateau de TF1. «Je crains deux choses», s’explique le candidat centriste à l’Élysée : «un long étranglement», avec «la dette qui continue de s’accroître», et «l’absence totale de marge de manœuvre».
Dans ces conditions, la situation pourrait devenir dramatique en cas de «choc extérieur, qui, là, peut provoquer une crise financière», dans le pays. Certains «spéculent» d’ailleurs déjà sur ce scenario, a-t-il mis en garde. «Notre dette est de plus en plus achetée par des acteurs internationaux qui se disent que, peut-être, la France va faire défaut», estime Édouard Philippe.
Mercredi, le premier ministre Sébastien Lecornu a alerté sur l’envolée des taux d’intérêt de la dette française, qui se rapprochent des 5 %. «Le réel nous rattrape», a-t-il dramatisé sur le réseau social X. Une façon pour le gouvernement de reposer la pression sur les oppositions.
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Pour réduire drastiquement le déficit de la Sécurité sociale l’an prochain, le gouvernement s’apprête à proposer une désindexation sur l’inflation de certaines retraites - supérieures à 1 260 euros - plus large qu’anticipée.
Tout en estimant que la situation financière est «tellement mauvaise» que tout effort d’économie est utile, le candidat centriste à l’élection présidentielle a estimé, ce jeudi matin sur le plateau de TF1, qu’«en France, quand on vit avec 1260 ou 2000 euros, on peut avoir des difficultés à boucler ses fins de mois, bien entendu».
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Interrogé sur l’objectif du gouvernement de réaliser 54 milliards d’économie sur le budget 2027, le candidat Horizon a appelé à créer collectivement plus de richesse plutôt que de se contenter d’économies de bout de ligne.
«Tant qu’on ne règle pas les problèmes de fond, on est obligé de rogner sur des petites choses», a-t-il estimé ce jeudi matin sur le plateau de TF1. «Tous ceux qui le peuvent doivent travailler un peu plus longtemps», a-t-il martelé, de façon à «créer de la richesse supplémentaire».
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Au micro de Radio France ce jeudi matin, le président de Fip Eco a estimé que la France était en train de «perdre le contrôle de la dette public, au sens où elle augmente plus vite que l’activité économique».
Hier, l’écart de rendement (le spread) entre les obligations d’État de la France et celles de l’Allemagne a dépassé les 120 points de base. «Ce qui est très inquiétant, c’est que, depuis quelques jours, le spread augmente continuellement, constate-t-il. Quand ça commence comme ça, on ne sait pas jusqu’où ça peut aller.»
Alors que le taux d’emprunt à 10 ans de la France a grimpé à 4,86 % et que la charge de la dette s’alourdit d’année en année, la France devrait-elle adopter une «règle d’or» budgétaire pour rassurer les investisseurs ? «Ça peut être utile, à condition de la respecter», tranche le conseiller maître honoraire à la Cour des comptes.
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À la veille de la présentation du projet de budget, Sébastien Lecornu a tiré la sonnette d’alarme sur l’état de l’économie française. «Le réel nous rattrape», a averti le premier ministre sur X, en citant la remontée du coût de la dette. Mardi, les taux d’intérêt à 10 ans auxquels la France refinance sa dette sur les marchés ont dépassé le seuil de 4,8%, pour la première fois depuis la crise financière de 2008, a-t-il souligné.
«Les tensions énergétiques poussent les taux à la hausse dans de nombreux pays» et en France, «l’incertitude politique à l’approche de la présidentielle ajoute à cette pression», a ajouté le chef du gouvernement, appelant à ne pas ajouter «de l’instabilité à ces difficultés». Une forme d’appel aux oppositions à voter le texte budgétaire que son gouvernement présentera ce jeudi. Au risque sinon, sous-entend-il, de faire plonger la France dans une crise financière.
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Ce jeudi, le gouvernement va dévoiler son projet de budget pour 2027 en Conseil des ministres. Son contenu exact est, encore aujourd’hui, un secret jalousement gardé par Matignon. Mais de pistes en révélations parcimonieuses, les contours du projet de loi de finances - ainsi que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale - dépeignent un tableau où «tout le monde» sera mis à contribution pour redresser les finances publiques. Le montant de cette «contribution» atteindra 54 milliards d’euros, a déjà promis Sébastien Lecornu mi-septembre dans une interview au Figaro.
Le gouvernement va inscrire dans son texte un «effort» d’un peu moins de 6 milliards d’euros pour les retraités, notamment via une désindexation partielle de certaines pensions. L’exécutif a aussi prévu un coup de rabot général sur les dépenses des ministères. Il prépare également un alourdissement de la taxation des exploitants d’autoroutes et d’aéroports, un gel du point d’indice des fonctionnaires et des APL, ou encore un moindre remboursement des soins et des médicaments par l’Assurance-maladie.
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What to Watch
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Le gouvernement présentera son projet de budget 2027 en Conseil des ministres ce jeudi, comme annoncé.
Very likely · Within hours
Le débat sur les mesures d'austérité budgétaire, notamment la désindexation des retraites, s'intensifiera dans les jours suivant la présentation du budget.
Likely · Within days
Open Questions
- Quel sera le contenu exact du projet de budget 2027 présenté en Conseil des ministres ?
- Quelles seront les réactions des oppositions face aux mesures proposées ?
- La désindexation partielle des retraites supérieure à 1 260 euros sera-t-elle suffisante pour réduire le déficit de la Sécurité sociale ?
- Le gouvernement parviendra-t-il à faire adopter son budget malgré les tensions politiques ?





