Élections 2027 : Ciotti soutient Le Pen, Tondelier appelle à l'union de la gauche, Attal critique le RN à la braderie de Lille
Quick Look
- Éric Ciotti officialise son soutien à Marine Le Pen lors d'un meeting à Levens, tandis que Marine Tondelier appelle à l'union de la gauche face à une probable qualification du RN au second tour en 2027.
- À la braderie de Lille, Gabriel Attal critique les positions du RN sur l'Ukraine et l'immigration, dénonçant une « soumission » aux intérêts étrangers.
- Jean-Luc Mélenchon est attendu pour un discours sur les enjeux économiques et sociaux.
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Why It Matters
À moins de deux ans de l'élection présidentielle de 2027, plusieurs candidats commencent leur campagne. Éric Ciotti officialise son soutien à Marine Le Pen, tandis que la gauche, représentée par Marine Tondelier et Jean-Luc Mélenchon, appelle à l'union pour contrer une probable qualification du RN au second tour. Les débats portent sur l'Ukraine, l'immigration et la souveraineté nationale.
Alors qu’au moins trois candidats ont choisi la braderie de Lille comme étape de début de campagne, Éric Ciotti a fait sa rentrée politique à Levens, à 40 minutes au nord de Nice. Selon le président de l’UDR, 6000 sympathisants sont venus l’écouter. Lors de ce meeting en plein air, il a officialisé son soutien à Marine Le Pen pour l’élection présidentielle. «Le pacte UDR-RN est simple : s’unir pour gagner, préparer pour gouverner», a-t-il écrit sur X.
Parmi les propositions du maire de Nice, qu’il compte voir reprises par le RN : un système de retraite contenant une part de capitalisation, une réduction massive des dépenses publiques, la suppression de nombreuses normes, la sanctuarisation de l’enseignement privé ou encore la fermeté en matière d’assimilation des personnes étrangères.
Face à la probable qualification de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, la place restante «ira au camp le (...) plus rassemblé» a martelé samedi la chef de file des Écologistes, Marine Tondelier, candidate à la présidentielle mais prônant un rassemblement de la gauche.
«Chacun doit comprendre que personne ne gagnera seul en 2027», a-t-elle souligné dans un discours face à des militants à l’occasion de la braderie de Lille, déplorant que «les candidatures de gauche continuent de se multiplier». Les adhérents du Parti communiste français sont appelés jusqu’à dimanche à valider par un vote, la candidature du secrétaire national Fabien Roussel.
«En 2027, c’est clair, il y aura Marine Le Pen au deuxième tour», a estimé Mme Tondelier «donc il reste une autre place au deuxième tour et c’est simple: soit c’est quelqu’un de droite, soit c’est quelqu’un de gauche», et «la place ira au camp le moins divisé ou plutôt au camp le plus rassemblé, c’est mathématique».
Depuis la foire de Châlons-en-Champagne, Raphaël Glucksmann a lui aussi été invité à réagir à l’une des polémiques du moment, déclenchée par les déclarations de Louis Aliot sur l’Ukraine. Ce dernier a indiqué qu’une fois le RN au pouvoir, il envisagerait de «couper le robinet» à l’Ukraine. Raphaël Glucksmann a qualifié le RN de «parti de la soumission». «Le RN ne doit pas prendre le pouvoir en 2027 parce que ce serait la victoire de Poutine et la défaite des démocraties européennes. On a un parti qui se dit souverainiste, patriote mais qui agit pr les intérêts des États-Unis de Trump, de la Russie de Poutine et de la Chine de Xi Jinping.»
À propos de la signature de Jordan Bardella d’un pacte avec Nigel Farage sur l’immigration, le candidat de gauche évoque une «capitulation». «En signant ce texte, qui n’a heureusement aucune implication juridique, il déresponsabilise le Royaume-Uni de la question migratoire. La marque de fabrique du RN, c’est la faiblesse lorsqu’il s’agit des intérêts de la France.»
Raphaël Glucksmann a ajouté que «l’immigration zéro» était, selon lui, «la mort de l’économie française». «Il faut une immigration de travail, qu’on maîtrise, qu’on contrôle. Un repli sur soi total entraînera la chute de nos économies», estime-t-il. «Si nous basculons dans le camp des trumpistes, la France aura vraiment changé de nature. Si l’on envoie des policiers pour chasser les femmes qui portent un fichu sur la tête, la France ne sera plus la même.»
Le président de Reconquête et possible candidat à la présidentielle, Éric Zemmour, a dénoncé ce matin le mémorandum sur l’immigration signé par Jordan Bardella et Nigel Farage à Birmingham. «Jordan Bardella accepte de recevoir sur notre sol les étrangers dont la Grande Bretagne ne veut pas. Avoir des alliés ne doit JAMAIS se faire à n’importe quel prix pour la France, surtout pas au prix de l’intégrité de nos frontières et de notre peuple», a-t-il écrit sur X. Ce protocole d’accord prévoit de permettre aux Britanniques de «ramener en France» toutes les personnes arrêtées sur les bateaux interceptés dans leurs eaux territoriales. À charge ensuite de la France de reconduire ces migrants dans leur pays d’origine.
« Je ne suis pas candidat à l’élection présidentielle. » Samedi dernier, Sébastien Lecornu a voulu clarifier sa position sur ses ambitions pour 2027. Mais le premier ministre est trop fin politique pour ignorer, comme le disait Talleyrand, que « ce qui est cru devient plus important que ce qui est vrai ». Surtout quand l’intéressé a déjà joué avec les mots en ce qui concerne son avenir politique et qu’il utilise le présent plutôt que le futur.
Personne n’a oublié qu’il assurait ne pas faire campagne pour devenir premier ministre, successeur de François Bayrou. C’était il y a à peine un an et, dans le microcosme politique, tout le monde se souvient qu’autour de lui se mettaient en œuvre les conditions de son arrivée Rue de Varenne. Personne n’a oublié non plus qu’il assurait, au « 20 heures » de France 2, juste après sa démission, en octobre dernier, qu’il ne « courait pas après le job » de premier ministre et considérait : « ma mission est terminée ». Moins de 48 heures plus tard, il était renommé chef du gouvernement par Emmanuel Macron.
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Depuis la braderie de Lille, la Nordiste Marine Tondelier fait campagne elle aussi. «Cette élection présidentielle ne ressemblera à aucune autre», a-t-elle affirmé. «Pour tous les gens qui tiennent à l’écologie, à l’humanisme, au progressisme, ce sera un vrai défi.»
Questionnée sur les prises de position du RN qui évoque un arrêt de l’aide financière à l’Ukraine, Marine Tondelier affirme que le parti a «révélé son vrai visage». «Pour eux une possible victoire de Poutine en Ukraine, ce n’est pas un problème», a-t-elle poursuivi. «Ils se réclament du patriotisme, mais ils sont soutenus par tous les impérialistes de ce monde qui souhaitent nuire à la France. Quand ils disent la ’France d’abord’, en réalité c’est un patriotisme de pacotille. On a comme candidats des ennemis de la France et de l’Europe.»
Quant au financement du soutien à l’Ukraine, la chef de file des Écologistes, dit comprendre que cela «suscite des questions». «Ce n’est évidemment pas les betteraviers du Nord-Pas-de-Calais et les plus fragiles qui doivent aller financer cet effort. Il faut taxer les plus riches», développe-t-elle. Parmi ses adversaires, la candidate a lancé une pique à Édouard Philippe, «souvent présenté comme le héros qui battra le Rassemblement national». Mais selon elle, «il nous fera regretter Emmanuel Macron». À gauche en revanche, elle prétend n’avoir «pas d’ennemi» et échangera avec Jean-Luc Mélenchon à Lille si elle le croise.
L’aide à l’Ukraine en cas d’arrivée du Rassemblement national au pouvoir ne se fera «pas au prix de la vie financière de la France», a affirmé samedi le député RN Laurent Jacobelli, alors que la position du parti suscite depuis jeudi soir une vague de critiques.
«Au moment où on demande aux Français de faire des efforts sur leurs retraites, sur leurs soins, au moment où la France est en situation de quasi-faillite, on ne peut pas mettre en danger l’avenir de notre pays», a expliqué le député de Moselle sur France Info. «Nous sommes aux côtés de l’Ukraine, mais pas au prix de la vie financière de la France», a-t-il ajouté.
Le parti de Marine Le Pen se voit contraint de clarifier ces derniers jours sa position vis-à-vis de l’Ukraine, depuis que son vice-président Louis Aliot a suggéré, jeudi soir, qu’il faudrait «couper le robinet» financier à destination du pays en guerre contre la Russie, en cas d’arrivée au pouvoir du RN. «L’aide financière» devra répondre à une «démarche pragmatique» et non à des «promesses en l’air», sans quoi cela se fera «au prix de la dette et de l’impôt des Français», a précisé Laurent Jacobelli.
Quant à l’aide matérielle, il a précisé que le «soutien militaire défensif» serait maintenu, tout comme l’aide «humanitaire» et «de formation». «Si une livraison à l’Ukraine est compatible avec le réarmement de la France (...) on continue. Quand ça met en danger nos stocks et notre propre défense, évidemment non. Notre devoir de décideurs et de dirigeants politiques est de protéger la France», a-t-il explicité.
Gabriel Attal est arrivé à Lille pour la traditionnelle braderie. Aux côtés de Violette Spillebout, députée Ensemble pour la République, il partage un café dans un établissement situé près de la gare et échange avec des Nordistes. Cerné par les micros et les caméras, le candidat plaisante : «On se sent bien entouré !» Gabriel Attal est aussi accompagné par les porte-paroles de sa campagne, Abdoulaye Kanté, le conseiller de Paris («Changer Paris») et Prisca Thevenot. Avant d’entamer leur déambulation, Violette Spillebout, qui a offert à son collègue une broche en forme de moule (symbole de la braderie, NDLR), donne quelques explications au Parisien : «Le principe de la braderie, c’est que tu te promènes et tu achètes des trucs qui servent à rien. Et il ne faut jamais payer le prix que l’on t’annonce, il faut négocier!»
«On est ici pour un de ces moments que je préfère, un moment au contact des Français, dans une ambiance familiale et populaire», affirme le candidat, qui sera à Toulouse en fin de journée et à Rouen demain. Il évoque «l’élection la plus importante depuis le début de la Ve république tant les enjeux sont énormes».
Interrogé sur les récentes positions prises par des membres du RN, Attal a dénoncé «la soumission et l’impréparation» de ce parti. Il a cité le cas de Louis Aliot qui a annoncé hier qu’en cas de victoire du RN, la France arrêterait d’aider l’Ukraine. «Si la France arrête de soutenir l’Ukraine, c’est potentiellement la victoire de la Russie», a-t-il affirmé. Le candidat centriste s’est aussi offusqué de la signature par Jordan Bardella d’un mémorandum sur l’immigration avec le parlementaire britannique Nigel Farage. «Il a accepté de signer un accord qui est une soumission totale de la France puisqu’il s’engage à ce que la France accueille tous les migrants qui se rendent vers la Grande-Bretagne. La France a vocation à rester indépendante, non alignée», a-t-il asséné. «Entre le RN et moi, il y a deux mondes, deux visions diamétralement opposées.»
La venue du patron de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon, attendu vers 16 heures pour un discours sur une scène déployée pour l’occasion, a suscité des critiques au sein de la droite locale.
La tête de liste des Républicains aux dernières municipales lilloises Louis Delemer a comparé sa venue à un «meeting politique national» et une «tribune» pour LFI, déplorant la mise en place d’un dispositif «sans commune mesure» avec les stands habituellement prévus par les partis politiques.
Celui des Républicains devrait accueillir en parallèle l’ancien premier ministre Michel Barnier. Habitué de la braderie de Lille, Jean-Luc Mélenchon devrait parler pendant 45 minutes sur les sujets économiques et sociaux qui occupent l’actualité en cette rentrée.
Discours de Jean-Luc Mélenchon, déambulations de Gabriel Attal et de Marine Tondelier: plusieurs candidats à la présidence de la République arpentent samedi les stands de la braderie de Lille, plus grande du genre en Europe. Le secrétaire général de Renaissance et candidat à la présidentielle Gabriel Attal lance le défilé des personnalités politiques par un petit-déjeuner avec ses soutiens avant de déambuler dans les rues lilloises.
Entre les 5000 stands des brocanteurs ou bradeux et les tablées dégustant les traditionnelles moules-frites, il pourrait croiser la chef de file des Écologistes Marine Tondelier. Comme chaque année, l’élue originaire du Pas-de-Calais a prévu d’y déambuler avant de prendre la parole en fin de matinée sur le stand de son parti.
Le patron de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon est quant à lui attendu vers 16 heures pour un discours sur une scène déployée pour l’occasion. Habitué de la braderie de Lille, il devrait parler pendant 45 minutes sur les sujets économiques et sociaux qui occupent l’actualité en cette rentrée. Jérôme Guedj, député de l’Essonne et candidat à la primaire socialiste, est également attendu samedi aux côté du maire PS de la ville Arnaud Deslandes.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Marine Le Pen se qualifiera pour le second tour de l'élection présidentielle de 2027.
Very likely · Within months
Un rassemblement de la gauche sera tenté pour présenter un candidat unique face au RN en 2027.
Possible · Within months
Le RN devra clarifier publiquement sa position sur l'aide à l'Ukraine avant l'élection présidentielle de 2027.
Very likely · Within weeks
Open Questions
- Le RN maintiendra-t-il effectivement son soutien militaire et humanitaire à l'Ukraine en cas de victoire ?
- Quel sera le niveau réel d'union à gauche d'ici l'élection présidentielle de 2027 ?
- Les propositions économiques d'Éric Ciotti, comme la retraite à capitalisation, seront-elles reprises par le RN ?
- Quel impact aura la signature du pacte entre Jordan Bardella et Nigel Farage sur la perception du RN en matière de souveraineté ?





