
Marqués par un été 2026 suffocant, de nombreux habitants de l'hexagone choisissent de déménager pour fuir la chaleur, d'installer la climatisation ou de verdir leurs espaces de vie.
Marqués par les canicules intimes et les incendies de l'été 2026, de nombreux Français s'organisent : certains quittent le sud pour fuir la chaleur, d'autres optent pour la climatisation ou végétalisent leurs logements.
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L'été 2026 a été marqué par des vagues de chaleur intenses et des sécheresses à répétition dans plusieurs régions françaises.
Ils étaient venus pour le soleil. Ils vont repartir à cause de la chaleur. Après cinq années passées à Avignon (Vaucluse), Khalid et sa famille ont décidé de quitter le sud-est de la France. "On se dit qu'on n'a plus d'avenir dans un territoire touché par des canicules et une sécheresse comme ça", lâche cet ingénieur en informatique, père de trois jeunes enfants. Au fil des années, le climat était devenu "insupportable". Mais, pour lui, comme pour des dizaines d'internautes ayant répondu à notre appel à témoignages, c'est bien l'été 2026 qui a marqué une bascule.
Dès la fin mai, Khalid, venu prêter main-forte dans la pizzeria de son épouse, a fait un malaise devant le four chauffé à 400°C. Les vagues de chaleur se sont intensifiées et, "quitte à perdre de l'argent", le couple s'est résolu à fermer le restaurant dès la mi-juillet, en pleine saison touristique. Les enfants ont été retirés du centre de loisirs, transformé en "fournaise" non climatisée. Leur maison, pourtant centenaire et rôdée aux températures provençales, s'est avérée impuissante face aux assauts répétés des canicules et des nuits tropicales. Depuis le début de l'été, Avignon a connu plus de 40 nuits sans température inférieure à 20°C, selon Météo-France, cité par ICI Vaucluse.
Décision a été prise de partir en Ariège, "pour trouver du frais" dans les Pyrénées. En altitude, les vacances de Khalid ont viré à la prospection immobilière. "Les prix sont encore accessibles et, avec mon profil dans l'informatique, je sais que je pourrai facilement trouver un poste en télétravail, reconnaît le père de 43 ans. A une heure de route de Toulouse, nous pourrons concilier notre vie professionnelle et cette nouvelle exigence : vivre au frais et au vert."
Thomas, lui, est déjà passé à l'action. "J'ai mis ma maison en vente depuis quelques semaines", annonce cet assistant familial de l'aide sociale à l'enfance de 51 ans, résidant dans le sud de la Gironde. "Mais les agences m'ont prévenu : ça va être compliqué de trouver preneur en ce moment dans les landes de Gascogne." Tant pis s'il doit revoir son prix à la baisse. Il a trop souffert "des fumées et du stress à cause des incendies" qui ont ravagé cette partie de la Nouvelle-Aquitaine durant tout le mois de juillet.
Chez Thomas, aux portes des Landes, la saison des feux de forêt a fait resurgir le traumatisme de l'été 2022, quand il avait été "à deux doigts d'être évacué" avec ses quatre enfants. Les dizaines de milliers d'hectares de nouveau partis en fumée cet été l'ont convaincu de précipiter son retour dans sa Bretagne natale, où il n'envisageait pourtant de retourner vivre que dans une dizaine d'années, pour la retraite.
"Cela me fait bizarre de déménager par peur que la région ne devienne plus vivable."
Thomas, habitant du Sud-Gironde, dans la forêt des Landes
Mais tout le monde n'a pas la possibilité de changer de région. Dans la banlieue bordelaise, Christine se sent coincée par son emploi à mi-temps au sein de la préfecture de Gironde. Elle redoute toutefois d'affronter un été de plus comme celui-ci, alors que Bordeaux a enregistré un record absolu de 42,5°C fin juin. La fonctionnaire de 56 ans affirme avoir vécu "un cauchemar" dans son grand HLM sous les toits, exposé plein sud, où elle a enchaîné "malaise sur malaise". "J'avais la tête qui tournait et, certains jours, je n'ai pas pu sortir de chez moi car mes jambes ne me portaient plus", décrit-elle.
Suffoquant dans sa chambre, elle s'est réfugiée chaque nuit sur sa terrasse avec son matelas, pour y dormir à la belle étoile. Pas de quoi l'empêcher de devenir, par manque de sommeil, "un vrai zombie". "A force de vivre dans le noir, j'ai perdu ma joie de vivre et j'ai commencé à tout voir en négatif", raconte-t-elle. C'en était trop. Début août, elle a demandé une mutation HLM pour obtenir "un petit logement loin du béton". Depuis, elle passe son temps libre à vendre ses meubles et à solliciter les bailleurs sociaux du bassin d'Arcachon, "le plus près possible de l'eau et de la fraîcheur". Elle sait que le secteur a été frappé par des feux de forêt. Mais elle n'en peut plus d'"étouffer" en ville.
Pour une majorité de Français, la réponse à cet été en surchauffe ne passera pas par le départ, mais par l'adaptation du logement. "On veut garder notre maison et y élever des enfants un jour", témoigne Mathieu, 34 ans, à Mulhouse (Haut-Rhin). "Malheureusement, malgré nos ventilateurs de plafond, c'est devenu invivable en l'état. On a eu des pointes à 35°C dans certaines pièces. Notre santé mentale et physique a été affectée. Alors on s'est résolu à casser notre tirelire et on va faire installer une climatisation. On vient de signer un devis à 6 000 euros."
Enseignant dans un lycée, Mathieu estime faire partie des "privilégiés" qui peuvent se permettre un tel investissement, contrairement à sa famille ou certains de ses amis proches, qui se retrouvent "sans solution concrète". "Certains ont des handicaps physiques lourds et les canicules ont aggravé leurs soucis de santé", s'inquiète-t-il. D'où sa "colère" face au manque d'aides financières et à la passivité des pouvoirs publics. Faute de mieux, pour venir en aide à leur entourage, lui et sa femme vont faire de leur maison un lieu refuge.
"L'été prochain, avec la clim', on hébergera chez nous des proches dont la santé est désormais en jeu."
Mathieu, habitant du Haut-Rhin
Dans l'Oise, Pierre, 50 ans, envisage aussi de céder aux sirènes de la climatisation. "Je ne vois pas tellement d'alternatives pour supporter les nuits chaudes que l'on a connues, surtout sous les combles", assure ce responsable d'un office HLM. Encore éprouvé par les canicules, qui ont provoqué chez lui "fatigue", "irritabilité" et "moindre efficacité au travail", il hésite toutefois à sauter le pas. "La clim' contribue au problème en réchauffant l'air environnant et en générant des dépenses énergétaires supplémentaires", énumère-t-il.
N'allez pas parler de climatisation à Toni*. "Quand je vois les gens sauter sur la clim' et continuer à prendre l'avion, je me dis que l'humanité ne prend pas la mesure du désastre en cours", se désespère ce Strasbourgeois de 58 ans. Graphiste de profession, il revendique son choix de ne réfrigérer ni sa maison, protégée par des murs épais, ni son bureau, où il a passé l'été par 31°C en tête à tête avec son ventilateur, les pieds dans une bassine d'eau froide et le corps régulièrement aspergé avec un vaporisateur. Le tout au prix de jambes lourdes, gonflées et douloureuses.
D'ici l'été prochain, Toni mise sur de futurs ventilateurs de plafond et, surtout, sur un sursaut citoyen et politique. "Mon choix de ne pas avoir la climatisation est autant l'expression d'une conviction que d'une révolte face à des politiques qui ne sont pas à la hauteur", accuse ce père de famille, dont l'une des filles milite au sein du réseau d'écologie radicale Les Soulèvements de la Terre. "Après le désastre climatique de cet été, on va peut-être connaître un séisme politique l'an prochain à la présidentielle", redoute-t-il. "Tout cela me donne envie de m'engager à mon tour."
A l'échelle de son jardin près de Poitiers (Vienne), Dominique songe à désobéir. Les canicules et la sécheresse ont eu raison de sa pelouse, de certains de ses arbustes et de sa récolte de pommes, brûlées par le soleil. "Je n'avais jamais vu ça ! J'avais beau m'y attendre, je me suis fait surprendre comme un bleu", reconnaît ce commercial de 60 ans, à la main verte. A peine remis du choc, il s'est décidé à faire de ses 4 000 m2 un îlot de fraîcheur capable de supporter les conditions hostiles du XXIe siècle.
Pour apporter de l'ombre dans son jardin, des essences méditerranéennes comme le mûrier platane, résistant à la chaleur, au manque d'eau et aux tempêtes, lui font déjà les yeux doux. Dominique planche aussi sur des pergolas en bois, couvertes de vigne. "Mais pour cela, il faut passer par une déclaration de travaux à faire valider en mairie, voire une demande de permis de construire", s'indigne-t-il. Il y voit un exemple parmi d'autres de règles "draconiennes" qui freinent l'adaptation au réchauffement climatique, qu'il se dit prêt à contourner.
"J'ai l'impression d'être bloqué à la préhistoire, parce que, malgré l'urgence climatique, il n'y a aucune souplesse en matière d'urbanisme."
Dominique, habitant du Poitou
Muriel, elle, savoure une petite victoire. Avec un collectif d'habitants de Cusset, en périphérie de Vichy (Allier), cette sexagénaire a obtenu, cet été, le vote d'un budget de 28 000 euros pour créer un îlot d'arbres au centre des trois immeubles de sa copropriété. "Jusqu'ici, notre demande avait toujours été refusée en assemblée générale. La priorité était toujours la propreté ou la sécurité. Finalement, il a fallu attendre cette canicule suprême pour que les copropriétaires reconnaissent avoir trop tardé et votent le projet presque à l'unanimité", se félicite-t-elle.
Au fil des mois, les voitures garées là devront partager l'espace avec des bancs, des tables de pique-nique et des plantations, prévues pour l'automne 2027. Mais d'ici là, "des clim' vont fleurir sur les balcons, malgré notre règlement de copro qui l'interdit", anticipe Muriel, fataliste. Deux logiques d'adaptation plus ou moins improvisées, à court et moyen terme, pour continuer à habiter une planète qui n'a pas fini de se réchauffer.
The corncrake, a nocturnal bird threatened by intensive agriculture and global warming, has disappeared from Brittany and has seen its French population collapse by 97% since the 1970s.

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Fires of rare violence struck the north-east of Algeria at the end of August, killing more than 200 people according to independent reports, while individuals and associations in Marseille are organizing donation collections for the victims, with four vans already leaving for Algeria and a fifth planned for Saturday.

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