Hyperliquid : 3 mois après l’alerte de Singapour, toujours aucun régulateur aux commandes
Malgré un siège social à Singapour, la plateforme de contrats perpétuels Hyperliquid échappe à la surveillance des autorités financières locales et internationales.
Quick Look
- La plateforme de trading Hyperliquid, basée à Singapour, opère sans licence réglementaire.
- La MAS refuse de s'estimer compétente, malgré son inscription sur une liste d'alerte.
- Le flou juridique persiste alors que les institutions financières s'inquiètent des risques.
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Why It Matters
Hyperliquid est une plateforme de contrats perpétuels décentralisée. Elle a été placée sur la liste d'alerte des investisseurs par la MAS le 26 juin.
Qui gardera les gardiens ? Un siège social à Singapour, mais un régulateur qui refuse de s’en saisir. Le Financial Times a documenté la situation le 6 octobre. Hyperliquid Labs lui confirme un siège enregistré dans la cité-État. Pourtant, la Monetary Authority of Singapore (MAS) ne s’estime pas compétente sur la plateforme de contrats perpétuels. Ce n’est pas une décision du jour : le régulateur a publié son alerte il y a trois mois. Dès le 26 juin, la MAS plaçait Hyperliquid sur son Investor Alert List. Les reprises de ce matin tiennent au calendrier : TOKEN2049 se tient à Singapour les 7 et 8 octobre.
Hyperliquid et la MAS : qui est responsable ?
L’information vient du Financial Times. Hyperliquid Labs y confirme que la société est basée et enregistrée à Singapour. Elle se dit « actuellement non réglementée ». Elle ajoute n’avoir jamais prétendu détenir une autorisation de la MAS. Le régulateur répond qu’il ne se considère pas compétent. Il dit aussi ignorer si une grande juridiction régule Hyperliquid, d’après les relais de l’article.
Le fond du dossier n’est pas neuf. Le 26 juin, la MAS avait déjà placé Hyperliquid sur son Investor Alert List. Ce n’est toutefois pas une interdiction. Cette liste recense les acteurs que le public pourrait croire, à tort, agréés par le régulateur. Hyperliquid avait d’ailleurs répondu le jour même n’avoir jamais demandé de licence.
Les offres d’emploi laissent en outre penser à un bureau local. Selon KuCoin, environ 11 personnes ont rejoint Singapour en 2024 autour du cofondateur Jeff Yan. La MAS invoque la structure décentralisée de la plateforme, d’après le FT. Le règlement passe par la blockchain et les utilisateurs conservent leurs fonds.
Perpétuels : un produit sans surveillant
Un contrat perpétuel est un produit dérivé sans date d’échéance, souvent assorti d’un fort effet de levier. On mise sur la hausse ou la baisse d’un prix avec une mise réduite. Hyperliquid permet ainsi de parier sur des cryptos, du pétrole brut ou des actions. Le vide réglementaire saute aux yeux. Un siège, des salariés, des milliards de volumes, mais personne pour répondre en cas de dérapage.
Ici, le débat dépasse Singapour. Le 21 mai, la Financial Conduct Authority (FCA) britannique a inscrit Hyperliquid et la Hyper Foundation sur sa liste d’avertissement, rapporte Decrypt. Le régulateur les soupçonne de proposer des services financiers sans autorisation et conseille aux épargnants de les éviter. Aux États-Unis, la plateforme bloque elle-même l’accès direct des résidents. Pourtant, CME Group et Intercontinental Exchange ont alerté la CFTC. Les deux opérateurs boursiers redoutent des manipulations de prix sur le pétrole et un contournement des sanctions.
La logique est partout la même. Un régulateur surveille des intermédiaires : une société agréée, un dépositaire, une chambre de compensation. Or, Hyperliquid n’offre aucune de ces prises. Les ordres s’exécutent sur une blockchain, les fonds restent chez les utilisateurs et la vérification d’identité reste limitée. Chaque autorité peut donc signaler le risque. En revanche, elle peine à désigner l’entité à agréer ou à sanctionner, même quand un siège existe, comme à Singapour. Une liste d’alerte prévient le public, elle ne ferme rien.
HYPE et ETF : Wall Street ne s’en inquiète guère
De son côté, le marché n’a pas paniqué. Le token HYPE s’échangeait à 92,60 dollars, d’après Cryptotimes. Sur 24 heures, il a ainsi évolué entre 91,11 et 95,21 dollars. Le même jour, 3,75 millions de HYPE destinés aux contributeurs historiques ont été débloqués. Ce lot d’environ 340 millions de dollars a trouvé preneur de gré à gré, auprès d’un seul acheteur institutionnel.
Côté Wall Street, l’ETF Grayscale Hyperliquid Staking (HYPG) cote sur le Nasdaq depuis le 3 juin, avec 0,29 % de frais. Un 8-K déposé le 5 octobre ajoute BitGo comme dépositaire supplémentaire, selon Crypto Briefing. Il chiffre les actifs à environ 217,8 millions de dollars, dont 89 à 91 % en staking. Sans licence locale, la plateforme attire donc déjà les institutionnels.
Open Questions
- Quelle entité sera responsable en cas de défaillance majeure ?
- La MAS va-t-elle durcir sa position à l'avenir ?







