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La France a-t-elle des réserves d’hydrocarbures dans son sous-sol ? Un « potentiel très incertain »…
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20 Minutes6 hours agoEnergy3 min readFranceView translation

La France a-t-elle des réserves d’hydrocarbures dans son sous-sol ? Un « potentiel très incertain »…

La présidente du Rassemblement national souhaite abolir la loi Hulot, rouvrant les discussions sur l'exploration pétrolière et gazière malgré les objections climatiques et industrielles.

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Marine Le Pen souhaite abroger la loi Hulot pour relancer la recherche d'hydrocarbures en France, relançant un vif débat entre impératifs économiques et urgence climatique.

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Why It Matters

La loi Hulot de 2017 interdit la recherche et l'exploitation des hydrocarbures en France et prévoit l'arrêt progressif de leur production d'ici 2040.

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Marine Le Pen, a remis sur la table, lors de son premier meeting de campagne, dimanche 25 octobre, la question de l’extraction d’hydrocarbures. « Nous abolirons, par exemple, la stupide loi Hulot qui interdit la recherche d’hydrocarbures sur le sol français », a-t-elle lancé. Souhaitant ainsi rompre « avec la logique de décroissance » qui « entraîne la France vers le sous-développement et la ruine économique ».

Du côté de l’industrie, « sans commenter les propos de Marine Le Pen », l’Ufip Énergies et Mobilités, le syndicat professionnel du secteur, défend le maintien de cette production locale. La « seule véritable demande » de l’Ufip est de « pouvoir continuer à entretenir nos gisements actuels » explique Blandine Ruty, secrétaire générale du syndicat. En effet, la loi Hulot de 2017, adoptée deux ans après l’Accord de Paris sur le climat, interdit la recherche et l’exploitation des hydrocarbures en France et prévoit l’arrêt progressif de leur production d’ici 2040.

Et pour cause, la part de la production française de pétrole dans sa consommation totale n’est que de 1 %. Les 99 % restants sont importés. Cette production provient principalement des 64 gisements pétroliers et gaziers encore actifs en 2024, situés essentiellement dans le Bassin aquitain et le Bassin parisien. « Les réserves se mesurent selon trois niveaux basés sur des standards internationaux établis : 1P prouvées, 2P probables et 3P possibles », explique Blandine Ruty secrétaire de l’Ufip qui défend le maintien de cette production locale. « Chaque société possède ses propres estimations, mais à l’échelle nationale, il est très difficile d’avancer un chiffre global. Ce que nous savons, c’est que nos réserves prouvées et exploitables d’ici 2036 s’élèvent à 5 millions de tonnes, ce qui représente l’équivalent de 10 ans de consommation. »

Matthieu Auzanneau, ex-directeur du think tank de la transition énergétique The Shift Project, précise quant à lui que « le potentiel est très incertain ». Il évoque du « shale oil dans le Bassin parisien, peut-être une fraction de la consommation française, et il faudrait plusieurs années avant de s’en assurer ». Autrement dit, si la France relançait la recherche - ce qui contredit la loi Hulot de 2017 - rien ne garantit qu’elle découvrirait des réserves suffisantes pour changer significativement sa dépendance aux importations.

Mais où pourraient se cacher ces hydrocarbures ?

En 2011, du pétrole a été découvert par un consortium en eaux profondes au large de la Guyane, à 150 kilomètres de Cayenne. Cependant, les forages d’évaluation menés par Shell et TotalEnergies n’ont pas permis de confirmer un gisement commercialement rentable. Patrick Pouyanné, patron de TotalEnergies, avait ainsi ajouté que le géant des hydrocarbures avait « déjà dépensé près de 400 millions d’euros, pour un résultat négatif », puisque des hydrocarbures avaient été trouvés « en quantité beaucoup trop faible pour qu’elles soient commercialisées ». Mais pour le sénateur de la Guyane, contacté par Le Monde, la multinationale n’a pas poussé assez loin ses recherches. « Cela l’arrangeait de partir pour le Suriname, où l’on ne se voit pas imposer les mêmes conditions », suppose-t-il.

Cette envie de « digger », pour reprendre l’expression de Donald Trump, n’est pas nouvelle. En 2025, le ministre des Outre-mer Manuel Valls avait dit vouloir « ouvrir le débat » sur l’interdiction de l’exploitation des hydrocarbures en France, suscitant l’opposition de ses collègues de l’Environnement, Agnès Pannier-Runacher, et de l’Énergie, Marc Ferracci. En décembre 2025, le sénateur de Guyane Georges Patient avait quant à lui déposé un texte pour autoriser à nouveau la recherche et l’exploitation des hydrocarbures dans les territoires ultramarins, ainsi qu’à Saint-Pierre-et-Miquelon. Une envie portée par l’essor pétrolier de la région (Suriname, Brésil) et tout particulièrement du Guyana, pays qui a vu son économie transformée par la mise en valeur, dès la fin 2019, d’un gisement d’hydrocarbures au large de ses côtes.

La proposition était soutenue par la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, mais s’est heurtée à l’opposition de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. Elle a finalement été rejetée définitivement en juin par l’Assemblée nationale, après les critiques de plusieurs associations environnementales.

Un mirage économique incompatible avec l’urgence climatique ?

De la découverte d’un gisement à sa mise en production, les opérations d’exploration puis de production s’étalent sur plusieurs dizaines d’années. Les supposées retombées économiques d’un forage prendraient donc des années à apparaître. Un calendrier complètement incohérent avec les accords de Paris et la décarbonation à l’œuvre en France et en Europe. Sur ce point, Matthieu Auzanneau est on ne peut plus clair : « Cela est parfaitement incompatible avec nos engagements climatiques. » La secrétaire du syndicat de l’Ufip ajoute au contraire que « poursuivre la production de pétrole en France, c’est maintenir une activité économique et industrielle responsable sur le territoire et garantir le financement des fermetures de puits et projets de reconversion dans la décarbonation ». En attendant, la France devra choisir entre l’espoir d’un sous-sol prometteur et l’urgence de s’en passer.

Open Questions

  • Quelles seraient les conséquences juridiques d'une abrogation de la loi Hulot ?
  • Quel est le véritable volume exploitable des gisements français ?

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This article was originally published by 20 Minutes.

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