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Maricarmen Abascal occupait son appartement madrilène depuis sept décennies avant d'être engagée dans une bataille juridique contre une agence immobilière qui avait acquis son logement et augmenté le loyer de 275%. La Cour suprême a statué en faveur de l'agence en décembre 2023, permettant son expulsion.
Je vous demande à tous du courage, de vous battre, de défendre ce qui est à nous." C'est le cri lancé par Maricarmen Abascal, retraitée de 87 ans, expulsée de son logement la semaine dernière, dans une vidéo publiée sur X dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28 septembre par le syndicat des locataires espagnols. "Tenez bon !", implore l'octogénaire, regrettant depuis son lit d'hôpital de "ne pas pouvoir", pour des raisons de santé, lutter à leurs côtés.
A Madrid, la très touristique Puerta del Sol est occupée depuis samedi par une centaine de manifestants qui y ont installé des tentes pour dénoncer la crise du logement qui frappe l'Espagne. En dix ans, le prix moyen du mètre carré à la location dans le pays a presque doublé, atteignant 15,1 euros/m2 en août, selon le portail immobilier Idealista. A l'achat, il s'établit désormais à 2 924 euros, toujours d'après la même source, contre 2 599 euros en août 2025.
Des milliers de personnes ont défilé samedi dans la capitale espagnole. En traversant le centre de Madrid, les manifestants ont scandé des slogans et brandi des banderoles réclamant des mesures pour freiner la hausse des coûts du logement et rendre les expulsions plus difficiles. "Vous pourriez être la prochaine Maricarmen", était-il inscrit sur l'une des banderoles.
"Cette expulsion est un meurtre"
L'octogénaire a été expulsée par la police, mercredi 23 septembre, de son appartement madrilène, qu'elle occupait depuis sept décennies. Elle était engagée depuis des années dans une bataille juridique contre une agence immobilière qui avait acquis son appartement et augmenté le loyer mensuel de 275%, le portant à 2 650 euros, d'après le syndicat des locataires de Madrid. L'affaire a été portée devant la Cour suprême, qui a statué en faveur de l'agence en décembre 2023, ouvrant la voie à l'expulsion, explique le média espagnol Democrata.
La police a dispersé de force des dizaines de militants qui campaient devant l'immeuble de Maricarmen pour tenter d'empêcher l'expulsion. Des secouristes ont transporté la retraitée, qui se déplace en fauteuil roulant, jusqu'à une ambulance sur une civière. "Cette expulsion est un meurtre", ont crié certains militants, selon El País, tandis que d'autres pleuraient : "Personne n'a rien fait pour elle." Ces images ont choqué toute l'Espagne.
Le Premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, qui s'était engagé l'an dernier à faire du logement une priorité gouvernementale, a d'abord pointé du doigt, mercredi, la présidente conservatrice de la région madrilène, Isabel Díaz Ayuso, accusée par la gauche depuis plusieurs mois d'avoir fait acheter, avec des fonds publics, un luxueux appartement avec terrasse dans le centre-ville de Madrid pour son usage personnel, ce qu'elle nie.
Puis, lors d'un meeting organisé par le Parti socialiste dimanche, Pedro Sanchez a assuré à Maricarmen Abascal que son gouvernement travaillait "d'arrache-pied" sur un texte de protection des locataires, surnommé "décret Maricarmen". Présenté mardi matin, il prévoit le renouvellement automatique des contrats de location et la suspension des expulsions jusqu'en 2030. Toutefois, il n'est pas certain que ces mesures soient adoptées par le Parlement, où le gouvernement ne dispose pas d'une majorité stable.
Lundi soir, l'avocate de Maricarmen Abascal a déclaré que la retraitée pourrait finalement retrouver son logement, après un accord conclu avec les propriétaires du bien. "Si l'accord que nous avons conclu est signé, ce sera évidemment une issue meilleure et plus heureuse pour tout le monde", a déclaré Beatriz Duro à des journalistes, y voyant "le résultat de la mobilisation sociale". Cette mobilisation des Espagnols aura remis la crise du logement sur le devant de la scène, à l'approche des élections législatives prévues en 2027.
AI outlook — possibilities, not facts
Le décret Maricarmen sera débattu et potentiellement adopté par le Parlement espagnol dans les mois à venir.
Possible · Within months
Maricarmen Abascal pourra retrouver son logement si l'accord avec les propriétaires est signé.
Likely · Within weeks

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