
Portée par les ventes record et l'effondrement des droits télévisuels, la Ligue 1 mise sur un modèle axé sur les transferts pour survivre financièrement.
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La chute des droits TV et la baisse des revenus post-Covid pèsent lourdement sur la santé financière des clubs français.
Les chiffres doivent encore être affinés - bouclage tardif des derniers transferts oblige - mais une chose est sûre : jamais les clubs de Ligue 1 n'ont autant vendu de toute leur histoire lors d'un mercato d'été. Le milliard d'euros dans le sens des départs a été dépassé pour la deuxième année consécutive, avec en point d'orgue le transfert de Bradley Barcola à Liverpool contre un montant record, estimé à 145 millions d'euros bonus compris, soit la plus grosse cession d'un joueur évoluant dans le championnat de France vers l'étranger.
Le PSG - double champion d'Europe et locomotive de la Ligue 1 sur le marché mondial - mis à part, tous les clubs de l'élite ou presque ont terminé cette fenêtre estivale dans le vert, en étant bénéficiaires dans la balance des transferts. Une tendance qui s'explique déjà structurellement d'après Luc Arrondel, directeur de recherche au CNRS et co-auteur de "Foot business : les trente glorieuses" (éditions Odile Jacob). Cette dernière s'est renforcée avec l'effondrement des droits TV.
"Depuis 2020, l'après Covid, la chute de Mediapro et les échecs successifs des diffuseurs, on espérait le milliard d'euros pour rattraper nos voisins européens et on va se retrouver à moins de 200 millions d'euros de droits TV [par saison]. Le phénomène que l'on peut observer cette année, c'est simplement l'accentuation d'un modèle structurel de la Ligue 1 qui, pour assurer son équilibre financier, a toujours été obligé de vendre une grosse partie de ses joueurs."
En avril dernier la DNCG, gendarme financier du foot français, alertait déjà sur le déficit opérationnel estimé à plus d'un milliard d'euros pour tous les clubs de Ligue 1 et Ligue 2 réunis lors de l'exercice 2024-2025. Une alerte que ce mercato peu dispendieux ne viendra pas compenser malgré presque 700 millions d'euros de bénéfices cumulés sur le mercato. Le tableau n'est pas reluisant, sachant que les situations financières de two clubs historiques, l'Olympique de Marseille et l'Olympique lyonnais, ont viré au rouge vif.
L'OM et l'OL, deux mastodontes du foot français au régime sec
Le premier est en proie à de grosses difficultés économiques et est contraint d'alléger ses finances. Les Phocéens ont été sanctionnés en juin dernier par l'Uefa d'une amende de 10 millions d'euros pour non-respect du fair-play financier, en plus de l'exclusion d'un an avec sursis des compétitions européennes, alors que la DNCG a décidé d'un encadrement de la masse salariale et des indemnités de mutation. Résultat : aucun nouveau visage du côté de l'OM, et un nouveau coach, Bruno Genesio, contraint de faire avec onze départs. "L'OM est l'exemple le plus révélateur car, en plus de l'absence de droits TV, il y a un propriétaire, Frank McCourt, qui a décidé de ne plus financer les pertes après avoir injecté plus de 700 millions d'euros en 10 ans", précise Pierre Maes, consultant et auteur, spécialiste en droits TV. "C'est aussi le cas à Monaco, à Lens depuis un an ou deux, Lille..."
Du côté de l'OL, le passage de John Textor à la tête du club laisse encore des traces, avec une dette financière s'élevant à plus de 600 millions d'euros selon un communiqué d'Eagle Football Group en mai dernier. Surtout, l'élimination en barrages de la Ligue des champions face à Fenerbahçe la semaine passée représente un énorme manque à gagner pour les Gones, de l'ordre de 40 millions d'euros, qu'il va falloir tenter de compenser grâce à des ventes. "Pour se substituer aux droits TV très faibles du championnat domestique, la solution pour les équipes est de se qualifier pour la C1. Si vous n'y arrivez pas, c'est un gros problème, et c'est ce que va devoir affronter l'OL cette année", complète Luc Arrondel.
La Ligue 1 a-t-elle encore sa place dans le Big 5 ?
Inexorablement, la Ligue 1 pâtit de ces situations particulières et recule dans la hiérarchie des championnats européens. Selon le rapport du cabinet de conseil Deloitte publié début juillet, présentant son bilan annuel des finances du football, la France décroche complètement avec ses voisins continentaux : le chiffre d'affaires (hors transferts) de la Ligue 1 était de plus de deux milliards d'euros lors de la saison 2024/2025, contre plus de trois milliards pour la Serie A, plus de quatre milliards pour le duo Bundesliga-Liga et plus de huit milliards d'euros pour l'intouchable Premier League.
La Ligue 1 est le seul des cinq grands championnats européens à présenter une balance clairement excédentaire sur le marché des transferts cet été. Environ 600 millions d'euros ont été investis par les clubs français, soit 300 de moins qu'il y a trois ans. Le fossé se creuse avec l'Angleterre, l'Italie, l'Espagne et l'Allemagne. "Il y a à peine quatre ans, Vincent Labrune avait pour projet d'intégrer le top 3 des ligues, 'tant en termes de revenus qu'en termes de performances sur le terrain'. Quatre ans plus tard, on se demande si la Ligue 1 a encore sa place dans le Big 5", complète Pierre Maes. "Si vous enlevez le chiffre d'affaires du PSG en Ligue 1, le championnat de France se retrouve environ au niveau du Championship, la deuxième division anglaise", précise Luc Arrondel.
Vers un nouvel appel d'offres pour les droits TV de la Ligue 1 d'ici la fin d'année
Avec des droits TV réduits à peau de chagrin en l'espace de quelques années, les clubs de Ligue 1 surveillent avec attention les informations pouvant filtrer sur un éventuel appel d'offres d'ici la fin de l'année de la part de la Ligue de football professionnel, détentrice de la chaîne Ligue 1+. Mais après un premier appel infructueux à l'été 2025, quels sont les acteurs pouvant résoudre l'équation un an plus tard, avec un produit, la Ligue 1, qui voit ses talents partir les un après les autres ?
"Il y a deux façons de voir les choses, explique Luc Arrondel. Ligue 1+ a été créée car il n'y avait pas le choix. C'était une solution temporaire et cela explique qu'il y ait un appel d'offres prochainement. La deuxième façon, c'est de dire que, finalement, le produit Ligue 1+ n'a pas suscité beaucoup d'abonnements, et la LFP cherche une autre solution pour valoriser son championnat. La différence entre produire soi-même son championnat et faire appel à un diffuseur, c'est que lorsque vous diffusez vous-mêmes, les seuls revenus sont les abonnements. Alors que quand on fait appel à un diffuseur, d'autres éléments entrent en compte : la volonté de promouvoir un service ou une offre plus large, des concurrences entre diffuseurs qui font monter les prix..."
La baisse des abonnés à l'intersaison a directement impacté les droits TV. Ces derniers n'atteignent plus que 170 millions d'euros pour cette saison 2026-2027. Une somme maigrichonne à répartir, sur les droits domestiques, entre les 18 clubs de l'élite.
Ligue 1+ a commencé à tâter le terrain et a fait sous-entendre que des acteurs étaient intéressés. "Pourquoi pas, tout est possible, mais cela serait un grand changement par rapport aux années passées, rebondit Pierre Maes. Ligue 1+ a une clause de sortie actionnable avant mars 2027. Mais si c'est la seule raison, on peut penser que cet appel d'offres sera, peut-être, un nouvel échec."
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Nouvel appel d'offres de la Ligue de football professionnel d'ici la fin de l'année
Likely · Within months

Les clubs de Ligue 1 ont atteint un record de ventes lors du mercato estival, dépassant le milliard d'euros pour la deuxième année consécutive. Cette stratégie de survie, imposée par la chute drastique des droits TV, fragilise la compétitivité sportive du championnat.

Le joueur de tennis français Gaël Monfils a remporté son match du premier tour à l'US Open face à Adolfo Daniel Vallejo, le jour de son 40e anniversaire. Devant le public new-yorkais, il a su renverser la situation après un premier set difficile.
Le jour de ses 40 ans, Gaël Monfils a battu le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo en quatre sets lors du premier tour de l'US Open, devenant le troisième quadragénaire à remporter un match dans le tableau masculin américain.
La clôture du mercato a réservé de nombreux rebondissements : l'échec des ventes de Monaco, le transfert rocambolesque de Malick Fofana à Sunderland, la vente tardive de Quinten Timber par l'OM et le transfert record d'Enzo Fernandez à Manchester City.

Lors du mercato d'été 2026, les clubs de Ligue 1 ont vendu pour près de 1,3 milliard d'euros de joueurs contre seulement 600 millions d'euros d'achats, selon Transfermarkt, révélant une forte dépendance financière aux ventes de joueurs malgré un déficit structurel lié à la faiblesse des droits TV.

Le LOSC recrute le milieu danois Maurits Kjærgaard (23 ans) en provenance de Salzbourg pour 8 M€, tandis qu'Ibrahim Mbaye quitte le PSG pour Aston Villa contre 55 M€ et que Duje Caleta-Car résilie son contrat avec l'Olympique Lyonnais pour rejoindre Sassuolo en Italie.