"Personne ne mérite ça" : rencontre avec Maïssa, 18 ans, qui a perdu un œil à la suite d'un tir de grenade le 17 octobre
L'étudiante de 18 ans a rencontré des députés de La France insoumise après avoir perdu son œil gauche, probablement touchée par un tir de grenade lacrymogène.
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Maïssa, étudiante de 18 ans ayant perdu son œil gauche lors d'une manifestation à Mulhouse le 17 octobre, a rencontré des députés de La France insoumise à l'Assemblée nationale pour témoigner.
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Maïssa a perdu son œil gauche suite à un impact de grenade lacrymogène lors d'une manifestation à Mulhouse le 17 octobre.
Vendredi 6 novembre, plusieurs députés de La France insoumise, membres de la commission d'enquête parlementaire sur le 17 octobre, ont reçu à l'Assemblée nationale Maïssa, dont la vie a basculé lors d'une journée de mobilisation. L'étudiante a perdu son œil gauche en marge de la manifestation à Mulhouse, probablement à cause d'un tir de grenade lacrymogène. Une enquête de l'IGPN est ouverte, tout comme plus de 80 autres depuis le début du mouvement lycéen. Présente à l'Assemblée nationale, la jeune femme de 18 ans veut témoigner pour avancer.
Cet après-midi du 17 octobre, Maïssa n'avait pas prévu de manifester. Elle est à Mulhouse pour retrouver ses meilleures copines. "On a fait les magasins, on est allées manger et ensuite on s'est retrouvées dans la manifestation", se souvient-elle. Elles restent par curiosité. "Les gens chantaient et dansaient. Il y avait du Michael Jackson. Il y avait des personnages, des personnes en fauteuils roulants, des mères de famille qui avaient leurs poussettes avec les enfants aussi. C'était bonne ambiance."
L'étudiante ne voit pas le tir de grenade venir et affirme ne pas avoir entendu de sommations. "Je n’ai rien entendu et d'un coup, j'ai reçu un impact à l'œil, une vive douleur. Quand j'ai enlevé la main de mon œil, j'ai vu du sang et c'est à ce moment-là que je me suis rendu compte que c'était grave", raconte l'étudiante. Trois semaines après "ces faits", comme elle dit, Maïssa porte encore un bandage et une coque en plastique sur son œil. Elle a subi deux opérations dont l'une le jour de ses 18 ans. Elle explique avoir eu "une fracture du plancher orbital."
"J'aimerais que justice soit faite"
Cette étudiante en première année de langues étrangères appliquées en anglais et allemand ne reverra jamais de l'œil gauche. "Les premiers jours étaient durs. Tous les jours je me réveillais, je pleurais. Maintenant, j'ai un petit peu plus accepté la situation", indique-t-elle la voix tremblante. Même si elle se dit un peu perdue.
"J'ai un gros sentiment de peur quand même de marcher dans ma ville."
Maïssa, victime d'un tir de grenade
à franceinfo
"J'ai aussi cette tristesse parce que ma vie a changé brusquement. Je ne méritais pas ça. Personne ne mérite ça. J'essaie de quand même sortir, même si c'est dur parce qu'il y a le regard des gens", raconte-t-elle. Maïssa souffre d'une fatigue chronique et de migraines récurrentes. Elle ne devrait pas retourner à l'université cette année ni en manifestation. Par "peur de perdre un deuxième œil." Elle n'est pas militante, mais depuis sa blessure, elle souhaite s'engager. "Il faudrait commencer à prendre au sérieux la jeunesse. Et j'aimerais que ça change, qu'on enlève ces armes. Parce que ce sont des armes qui ont des répercussions qu'on ne peut pas changer", souligne-t-elle.
Elle réfléchit à peut-être témoigner devant la commission d'enquête parlementaire sur le 17 octobre. Maïssa fait de son mieux pour tenir le coup. Cindy, sa mère, elle, est très en colère contre la police. "Moi j'aimerais que justice soit faite. Qu'on trouve la personne qui lui a fait ça, qu'elle ne remplisse plus ses fonctions. Ne serait-ce que pour elle et pour tous les autres qui pourraient suivre derrière. Ce serait une grande victoire."
Pour l'instant l'enquête de l'IGPN n'a pas permis d'identifier le policier auteur du tir. Un tir non réglementaire, d'après l'avocat de Maïssa, Maître Pierre Brunisso. "Ce policier qui a tiré a effectué un tir tendu. Ce qu'on attend, c'est sa suspension. Parce qu'aujourd'hui, le ministre de l'Intérieur, M. Nuñez, n'a prononcé aucune suspension administrative à l'égard des policiers depuis le début du mouvement des lycéens", pointe Maitre Brunisso. L'avocat a également saisi le défenseur des droits sur ce dossier.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
L'IGPN poursuit son enquête sur le tir de grenade.
Very likely · Within weeks
Open Questions
- Quel policier a effectué le tir ?
- Y aura-t-il des sanctions administratives ?






