Perspectives économiques de l'OCDE : résilience mondiale mais risques énergétiques et commerciaux persistants
Malgré le conflit au Moyen-Orient et des tensions sur les prix du gaz, l'OCDE prévoit une hausse du PIB mondial de 2,9% en 2026 et de 3% en 2027.
Quick Look
- L'OCDE table sur une croissance mondiale de 2,9% en 2026 et 3% en 2027, saluant la résilience des marchés face au choc énergétique du Moyen-Orient.
- Cependant, l'épuisement des stocks, l'inflation ravivée et les droits de douane américains menacent cette embellie, tandis que la France affiche des prévisions en baisse à 0,4%.
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Why It Matters
L'OCDE publie ses perspectives économiques semestrielles en tenant compte du contexte géopolitique et énergétique.
La croissance mondiale a ralenti au premier semestre 2026, sans céder pour autant sous les effets du conflit au Moyen-Orient. «Nous avons été plutôt surpris par la résilience des marchés et par les réponses apportées», résume Stefano Scarpetta, chef économiste à l’OCDE. L’organisation de coopération et de développement économiques prévoit une hausse du PIB mondial de 2,9% en 2026, en très légère amélioration par rapport aux prévisions de juin, puis de 3% en 2027 (-0,1% par rapport à juin).
Des tensions fortes sur les prix du gaz
Le choc énergétique a été moins violent que redouté. Les marchés ont amorti la forte baisse des flux passant par le détroit d’Ormuz grâce à une moindre demande, à la mobilisation des stocks et à la réorganisation des approvisionnements, observent les dernières «Perspectives économiques» de l’OCDE. L’offre supplémentaire fournie par d’autres producteurs, ainsi que l’utilisation du pipeline est ouest saoudien, ont également limité la flambée du brut.
Ce répit est précaire. Les stocks mondiaux de pétrole étaient en août inférieurs de 507 millions de barils à leur niveau de février, soit une baisse de plus de 6%, selon l’OCDE. Les réserves de fioul dans les pays européens membres de l’organisation ont reculé de plus de 20%, tandis que la réserve stratégique américaine est tombée à son plus bas niveau depuis 1982. Et sur le marché du gaz, en Europe, les stocks sont à leur plus bas niveau saisonnier depuis plus de quinze ans. La concurrence avec l’Asie pour le gaz naturel liquéfié (GNL) et la nécessité de reconstituer les réserves avant l’hiver font craindre une nouvelle poussée des prix.
Inflation ravivée
Cette tension énergétique devrait raviver temporairement l’inflation, déjà soutenue par le renchérissement de certains produits agricoles, affectés par les conditions météorologiques des derniers mois. Celles-ci risquent d’empirer. L’OCDE met ainsi en garde contre un épisode El Niño intense, susceptible de dégrader les récoltes en Amérique centrale, en Asie de l’Est et en Afrique. «De nouveaux ajustements des politiques monétaires pourraient être nécessaires si des signes de généralisation des tensions sur les prix apparaissent», prévient l’institution.
Dans ce paysage incertain, l’intelligence artificielle est un moteur essentiel. Les investissements dans les centres de données, les semi-conducteurs et les logiciels soutiennent la production, les échanges et la demande d’équipements. Aux États-Unis, ce boom compenserait le ralentissement de la consommation : l’OCDE a relevé ses prévisions de croissance à 2,2% en 2026 et 2,1% en 2027. La Corée du Sud bénéficie également de perspectives améliorées, grâce à son exposition aux composants électroniques.
La France fait partie des exceptions négatives. L’OCDE a réduit de 0,3 point sa prévision de croissance pour 2026, à 0,4%, après un premier semestre atone. L’Insee avait récemment fait cette même prévision tandis que le gouvernement français table sur 0,5%. La faiblesse de l’investissement privé, les épisodes de chaleur et l’incertitude politique expliquent ce recul. Le Canada connaît une révision de même ampleur, à 0,9%. Pour l’ensemble de la zone euro, la croissance devrait s’établir à 1% en 2026 comme en 2027, soutenue par une normalisation attendue des prix de l’énergie et par les dépenses de défense.
Autre source de fragilité, la politique commerciale américaine. Depuis juillet, les nouveaux droits de douane imposés par Washington ont porté le taux effectif moyen sur les importations de 9,6% en juin à 10,9% à la mi-septembre, selon l’OCDE. La multiplication des barrières commerciales s’ajoute donc aux incertitudes géopolitiques, énergétiques et climatiques. Pour 2027, l’organisation a abaissé de 0,1 point ses prévisions pour la plupart des pays : la résilience observée cette année ne suffira pas nécessairement à protéger l’économie mondiale si la guerre se prolonge et si les amortisseurs énergétiques s’épuisent.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Hausse du PIB mondial de 2,9% en 2026 et 3% en 2027
Likely · Within months
Open Questions
- Comment évolueront les stocks de gaz en Europe cet hiver ?
- Quelle sera l'ampleur des politiques monétaires face à l'inflation ?







