Procès de l'éleveur d'Ambrières : cinq ans de prison dont un ferme sous bracelet électronique
Jean-Louis Leroux a été condamné par la cour d'assises de Reims pour avoir blessé par balle un homme venu voler du gasoil dans son exploitation en 2020.
Quick Look
- La cour d'assises de Reims a condamné Jean-Louis Leroux, éleveur à Ambrières, à cinq ans de prison dont un ferme sous bracelet électronique pour avoir blessé par balle un voleur de gasoil en 2020.
- La légitime défense a été écartée.
AI-generated summary
Why It Matters
L'éleveur subissait des vols récurrents depuis 2015 et avait déposé 17 plaintes sans succès. L'affaire a suscité une mobilisation du monde agricole en soutien à l'accusé.
À l’issue de quatre jours de procès, la cour d’assises de Reims a condamné Jean-Louis Leroux, un éleveur bovin de 53 ans, à une peine de cinq ans de prison, dont un ferme sous bracelet électronique, pour «violences avec arme ayant entraîné une mutilation». L’agriculteur d’Ambrières (Marne) avait ouvert le feu sur trois hommes venus le voler, blessant l’un d’entre eux, en 2020. L’affaire avait suscité l’indignation du monde agricole, qui avait organisé une marche à Reims en soutien à l’agriculteur.
Un homme grièvement blessé par les tirs
Dans la nuit du 31 janvier au 1er février 2020, Jean-Louis Leroux surprend trois hommes venus dans son exploitation à Ambrières pour siphonner du gasoil sur plusieurs de ses tracteurs. Il allume alors un projecteur et leur intime de s’arrêter. Les individus, en fuite, se dirigent dans sa direction. L’éleveur tire deux coups de fusil dont l’un d’entre eux blesse au ventre Diego H., l’un des voleurs présumés. «Je voulais les arrêter, je voulais juste que ça (les vols) s’arrête», a-t-il indiqué au cours de l’audience.
Celui qui possède plus de 350 vaches à viandes et 225 hectares de terres agricoles avait déjà été victime de nombreux vols depuis 2015, pour lesquels il a porté plainte à 17 reprises auprès de la gendarmerie locale, sans que celles-ci n’aboutissent. En 2020, quelques semaines avant cette nuit du 1er février, il avait investi dans un système de vidéosurveillance pour une valeur de près de 10.000 euros. Un mécanisme qui s’est activé à l’arrivée des trois voleurs.
Il a agi «à cause de la peur»
Diego H., âgé de 19 ans au moment des faits, a été grièvement blessé. Placé dans un coma artificiel pendant un mois, son pronostic vital a été un temps engagé. Selon son avocat, Maître Arthur de la Roche, ses blessures lui ont laissé des séquelles extrêmement importantes. Interrogé sur ses intentions, l’homme de 53 ans qui a comparu libre lors du procès – il était sous contrôle judiciaire après avoir passé quelques jours en détention provisoire au début de l’affaire – nie avoir voulu tuer le voleur. «Je reconnais avoir tiré en sa direction, à cause de la peur, mais je suis bien désolé de ce qui est arrivé au jeune homme», a-t-il regretté.
Ce jeudi 24 septembre, la cour d’assises a rendu sa décision après cinq heures de délibéré dans un climat tendu, avec de nombreuses personnes venues soutenir le cinquantenaire. La justice a estimé que l’éleveur avait tiré à plusieurs reprises sans chercher à viser une zone vitale. Elle a écarté la thèse de la légitime défense tout en retenant une altération du discernement au moment des faits.
L’éleveur n’est pas reconnu coupable de tentative de meurtre – il évite ainsi une peine allant jusqu’à 30 ans de prison – mais de «violences avec arme ayant entraîné une mutilation». Il écope de cinq ans de prison, dont quatre avec sursis et un an ferme sous bracelet électronique, une condamnation conforme aux réquisitions de l’avocate générale.
Également poursuivis lors de l’audience, les trois voleurs ont reconnu les faits de vol en réunion. La cour d’assises de Reims a condamné Diego H. à deux mois de prison avec sursis, tandis que ses deux co-accusés ont écopé de quatre et de dix mois de sursis.
Open Questions
- Le condamné fera-t-il appel de la décision ?




