
Le fondateur de Bridgewater Associates prévoit une échéance critique d'ici deux à cinq ans face à l'explosion des besoins de refinancement.
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Ray Dalio exprime régulièrement des inquiétudes sur la viabilité de la dette américaine. La dette totale des États-Unis a récemment franchi le seuil des 40 000 milliards de dollars.
Ray Dalio recommence. Vendredi, dans un article publié sur Substack, le fondateur de Bridgewater Associates a prévenu qu’une crise sérieuse de la dette souveraine américaine pourrait survenir « dans trois ans, à deux ans près », faute d’ajustement structurel des finances publiques. Sa recommandation ne varie pas d’un pouce depuis des mois : alléger les obligations, renforcer l’or, garder une petite position en Bitcoin. Ce qui change, c’est le contexte. L’alerte tombe la même semaine où le marché crypto s’envole justement grâce à une intervention du Trésor américain sur le marché obligataire.
Ce n’est pas la première fois que le milliardaire sonne l’alarme. Il évoquait déjà une possible « crise cardiaque » de la dette en septembre dernier, et recommandait 15 % de son portefeuille en or et Bitcoin dès juillet.
Sauf que cette fois, le chiffrage se précise. Les paiements liés à la dette américaine dépasseront cette année les recettes fédérales, pour atteindre 11 000 milliards de dollars, selon Dalio. Il évoque aussi une combinaison de déficits élevés, de charges d’intérêts croissantes et d’un risque de pénurie d’acheteurs pour les bons du Trésor, un cocktail qui pourrait précipiter la crise plus tôt que prévu par la plupart des observateurs.
Le chiffre impressionne, encore faut-il le lire comme Dalio le construit. Les 11 000 milliards de dollars ne sont pas le déficit de l’année, ni une facture que Washington règle d’un seul trait. Le fondateur de Bridgewater additionne environ 1 000 milliards d’intérêts et près de 10 000 milliards de principal à refinancer.
Face à des recettes fédérales d’environ 5 500 milliards, le service de la dette, intérêts plus tombées, pèse selon lui deux fois ce que l’État encaisse. Le trou budgétaire, lui, reste plutôt de l’ordre de 2 000 milliards.
L’alerte n’en est pas moins sérieuse : il faudra bien trouver des acheteurs pour rouler cette montagne. Mais présenter les 11 000 milliards comme si la dette « dépassait les recettes » jusqu’à ce montant, c’est coller deux notions distinctes. Dalio parle d’un mur de refinancement, pas d’un chèque unique. Il voyait déjà cette trajectoire en juin : la dette dépassait alors 39 200 milliards de dollars, avant de franchir les 40 000 milliards cette semaine.
Dans son message, Dalio conseille de sous-pondérer les obligations et de placer 10 à 15 % d’un portefeuille en or, complété d’« un peu » de Bitcoin.
Il recommande aussi de diversifier vers des pays et des actifs financièrement plus sains que les États-Unis. Sa logique : la hausse de la dette forcera soit des taux plus élevés, soit la planche à billets, deux scénarios qui affaiblissent la monnaie et nourrissent l’inflation. Dans les deux cas, l’or et le Bitcoin en sortiraient renforcés face aux actifs adossés à l’État.
L’ironie n’échappe à personne cette semaine. Le doublement du programme de rachat d’obligations longues par le Trésor, de 2 à 4 milliards de dollars par opération, a justement déclenché le short squeeze qui a propulsé Bitcoin vers 79 500 dollars ces derniers jours.

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