Rose, un film sur une femme du XVIIe siècle qui se travestit pour gagner sa liberté
Quick Look
- Le nouveau film de Markus Schleinzer raconte l'histoire de Rose, une femme du XVIIe siècle qui se travestit en homme pour conquérir sa liberté dans un village allemand après la guerre de Trente Ans.
- Interprété par Sandra Huller, récompensé à Berlin, le film sort en salles le 9 septembre et explore les rôles de genre à travers un jeu de rôle théâtral en noir et blanc.
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Why It Matters
Le film s'inspire de l'histoire réelle d'une femme exécutée à Halberstadt pour s'être fait passer pour un homme, dans un contexte de XVIIe siècle où les femmes étaient soumises à un patriarcat rigide.
Ce nouveau film du réalisateur autrichien Markus Schleinzer raconte l'incroyable aventure de Rose, une femme du XVIIe siècle qui a décidé de se travestir en homme pour conquérir sa liberté. Rose, récompensé à Berlin pour l'interprétation de Sandra Huller, sort dans les salles mercredi 9 septembre.
Un homme, costume de soldat, balafre lui barrant le visage, débarque au lendemain de la guerre de Trente Ans dans un petit village allemand. Il réclame son héritage : une ferme, et les terres qui vont avec. Méfiants, les villageois s'inclinent devant le document officiel présenté par le soldat.
Malgré les réticences, l'homme s'installe dans la ferme, répare les bâtiments en ruines et cultive la terre qui l'entoure. Le regard des villageois s'adoucit le jour où il sauve des griffes d'une ourse l'un des leurs. La petite communauté, qui occupe son temps de labeur et de messes, finit par l'adopter, au point qu'un homme du village lui offre sa fille en mariage.
"Le pantalon octroie plus de droits"
Pour écrire cette histoire, le réalisateur confie dans la présentation du film s'être inspiré de l'histoire d'une femme exécutée à Halberstadt parce qu'elle s'était fait passer pour un homme. "J'ai exploré des centaines de trajectoires féminines travers les siècles : des femmes qui, temporairement ou durablement, ont revêtu des vêtements masculins pour vivre publiquement comme des hommes", explique Markus Schleinzer, qui s'est également penché sur "des femmes soldats en armure et des femmes pirates, figures marginales mais bien réelles."
"Je ne voulais pas être un homme, mais le pantalon octroie plus de droits, alors je l'ai mis", déclare Rose, dont la conduite donne à voir les rapports de force entre les hommes et les femmes, cantonnées à obéir à leur père, puis à leur mari, à enfanter et à tenir leur ménage. Sandra Huller compose un personnage unique, engageant tout son corps. Avec des postures rigides, mains dans la ceinture, démarche saccadée et suffisante, menton en avant, elle nous fait sentir tous les efforts que déploie Rose pour maintenir l'illusion. Des postures pour singer la virilité qui soulignent aussi le ridicule de cette obligation ancestrale pour les hommes à "jouer" les durs.
Rose tente de conquérir sa liberté au milieu d'une société protestante corsetée, au sens propre comme au sens figuré, qui lui fera payer cher son désir de passer outre les préceptes liés à son sexe en refusant la vie assignée aux femmes de cette époque. "Rose s'inscrit dans un cadre historique précis, mais résonne inévitablement avec le présent", souligne le réalisateur, inquiet dans "cette période où les structures patriarcales, loin d'avoir disparu, se réaffirment parfois avec force."
La mise en scène, théâtrale, appuie cette idée d'un jeu de rôle où chacun joue sa partition. Avec des décors et des costumes réalistes contrastant avec un magnifique noir et blanc installant une atmosphère picturale hors du temps, et la puissance de jeu de Sandra Huller, le film nous emporte loin dans le spectacle saisissant d'une aventure humaine qui en dit long sur le statut de la femme.
La fiche
Open Questions
- Quel est le sort final de Rose dans le film ?
- Comment les villageois réagissent-ils lorsqu'ils découvrent la vérité ?







