Scandale du périscolaire à Paris : Anne Hidalgo auditionnée au Sénat
L'ancienne maire de Paris s'est défendue devant la commission d'enquête sénatoriale, alors que plusieurs plaintes visent des élus et des cadres municipaux.
Quick Look
- Anne Hidalgo a témoigné devant le Sénat concernant le scandale des violences sexuelles dans le périscolaire parisien.
- Des plaintes de familles visent l'ancienne maire et ses adjoints pour non-assistance à personne en danger.
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Why It Matters
Une commission d'enquête sénatoriale a été lancée pour faire la lumière sur les violences sexuelles commises dans le périscolaire à Paris et dans d'autres départements.
Anne Hidalgo affirme apprendre parfois le classement sans suite d’animateurs d’écoles parisiennes. Malgré la colère et l’incompréhension des familles, toutefois, elle rappelle que la mairie de Paris est obligée de réintégrer dans ses effectifs lesdits animateurs. «L’administration applique le droit», assure-t-elle.
«Si on veut respecter les victimes et à nos institutions d’empêcher que des prédateurs» rôdent dans les écoles, «alors il faut réfléchir sérieusement aux failles collectives de notre système et trouver des solutions», poursuit l’ex-élue.
L’audition d’Anne Hidalgo au Sénat n’est pas encore terminée, mais déjà, le collectif lanceur d’alerte SOS Périscolaire réagit à sa prise de parole : «Nous ne sommes malheureusement pas étonnées par ces réponses qui pointent toujours les failles, les responsabilités des uns et des autres, mais jamais les siennes», déclarent les deux fondatrices au Figaro.
«Notre sentiment face à son attitude particulièrement condescendante ce matin, est qu’elle s’est drapée dans un ton moralisateur pour se défendre, mais n’a pas convaincu.»
Quant à sa responsabilité, Anne Hidalgo relève que «tout maire est responsable du bon fonctionnement de ses collectivités». «Mais tout maire n’est pas responsable des comportements, y compris individuels, qui ont été, par exemple, le non-respect de consignes qui auraient été données», estime-t-elle.
Y a-t-il eu alors des sanctions des agents mais aussi les cadres qui ne dénonceraient pas ces violences sexuelles sur mineurs ? «Les consignes étaient absolument très claires : tout signalement, un article 40, suspension immédiate de l’agent, engagement d’une procédure disciplinaire en parallèle de la procédure police/justice», répond l’ex-élue. Au-delà de cette procédure, «j’ai demandé qu’on aille plus loin que la loi. J’ai demandé qu’il puisse y avoir un fichier national, une mémoire de tous les signalements», complète-t-elle.
Agnès Evren, rapporteure de la commission d’enquête, poursuit : «En préparant cette audition, vous avez vous-même découvert qu’entre 2021 et 2025, les signalements au titre de l’article 40 n’étaient pas systématiques.» Étonnée, elle ajoute que selon Anne Hidalgo, «une consigne a été modifiée pendant quatre ans sans que vous-même, maire de Paris, ne soyez informée. Pouvez-vous le confirmer?». Ce à quoi l’ex-édile répond : «Absolument. C’est un élément important et préoccupant. Il n’y avait de signalement que lorsqu’il n’y avait pas d’enquête judiciaire en cours», pour éviter un effet de redondance. «Une décision prise sans validation politique», note Anne Hidalgo, qui précise avoir été en désaccord avec cette pratique.
«Il y a eu des dysfonctionnements, des chaînes d’information qui n’ont pas fonctionné. Chaque fois que nous en avons eu connaissance, nous avons corrigé le dispositif. Il y a des failles, un manque évident dans l’interrelation entre les institutions. Elles doivent travailler ensemble : l’Éducation nationale, les collectivités territoriales, le parquet et la police», a abondé Anne Hidalgo.
L’ex-maire poursuit sa défense. En 2015, elle assure avoir signé un protocole entre Ville de Paris et le parquet afin d’organiser la transmission des informations en cas de soupçons de violences sur enfants. En 2018, elle dit avoir créé l’école des métiers de la Dasco. L’année suivante, elle rappelle avoir ouvert une boîte mail dédiée aux signalements.
Enfin, en 2020, elle rappelle que la signature du protocole des délinquants sexuels Fijais. Puis, en 2024, elle indique la mise en place d’un vademecum de protection de l’enfance. Enfin, en 2026, elle a lancé une mission flash de l’inspection générale pour savoir si toutes les recommandations de 2015 ont été mises en œuvre.
«Je comprends le désarroi et le sentiment d’abandon des familles», a ajouté l’ex-édile. Et d’assurer ensuite : «Nous n’avons jamais attendu, nous avons toujours pris ce problème grave à bras-le-corps».
Les premiers mots d’Anne Hidalgo sont adressés à «toutes les petites parisiennes et les petits parisiens victimes de prédateurs sexuels dans l’enceinte de l’école et dans le cadre périscolaire». L’ancienne édile regrette ces violences envers ces enfants, «alors que les parents nous les avaient confiés et que nous en avions la responsabilité».
«J’ai été, je suis du côté des victimes», a-t-elle ajouté. Avant de poursuivre : «Si nous sommes ici devant vous aujourd’hui, c’est parce que nos institutions, malgré les actes posés, ont failli dans la protection de nos enfants. C’est un échec collectif. Nous avons un devoir de vérité».
Élisabeth Guthmann a cofondé le collectif SOS Périscolaire en 2021. Au micro des Engagés, elle raconte comment sa fille lui a fait part d’un climat de malaise dans le périscolaire, puis l’avalanche de témoignages, les rendez-vous avec la mairie de Paris, l’immobilité des élus. Malgré de nombreux témoignages de parents, Élisabeth Guthmann explique comment la mairie de Paris a minimisé les problèmes et refusé d’agir.
En 2025, des révélations de violences sexuelles dans certaines écoles parisiennes ont enfin fait réagir les autorités. Le collectif accompagne alors les familles dans leurs démarches judiciaires. Aujourd’hui, le collectif SOS Périscolaire travaille avec la mairie de Paris et le gouvernement pour réformer en profondeur le système du périscolaire, notamment en termes de recrutement et de formation des animateurs.
Cet épisode a initialement été publié en avril 2026.
LE PODCAST "LES ENGAGÉS"
Après les mois d’absence médiatique qui ont suivi son départ de l’Hôtel de Ville, Anne Hidalgo était l’invitée de la matinale de France Inter mercredi dernier. L’essentiel de l’entretien a été consacré à sa défense dans le dossier du périscolaire. Tout en reconnaissant « une blessure et une douleur » ainsi que quelques regrets, l’ancienne maire s’est inscrite en faux contre les accusations qui la visent et a défendu son bilan en matière de périscolaire. « Les familles n’ont pas besoin d’une instrumentalisation de leur douleur, elles ont besoin de vérité », a-t-elle clamé.
Malgré cette situation douloureuse qui la contraint à réapparaître publiquement, Anne Hidalgo ne cache pas le bonheur qui entoure sa vie d’après. « Je suis très heureuse d’avoir pu reconstruire une nouvelle vie après la politique. Je le dis à tous les politiques qui y songent : c’est quand même pas mal du tout », s’est-elle enthousiasmée sur France Inter. Les amis qu’elle conserve dans le sérail racontent combien l’ancienne figure de la gauche se complaît dans son retrait de la vie publique. « Elle est hypercontente », relate un élu de tout premier plan de la majorité municipale. « Vous ne pouvez pas imaginer comme elle est soulagée de ne plus avoir d’emmerdes. Les dernières années de son mandat ont quand même été un calvaire. À part les Jeux olympiques, ça a été un enfer absolu », poursuit cette source.
NOTRE RÉCIT
Il est temps, grand temps, d’apporter un peu de lumière et de vérité sur cet indicible, cet impensable : les violences sexuelles faites aux enfants, à l’âge le plus tendre, et dans l’enceinte même de l’école, par ceux-là mêmes à qui ils sont confiés – le scandale du périscolaire. Plusieurs commissions, notamment celle du Sénat, entament des travaux qu’il faut espérer salutaires. Ce qui devrait être une évidence reste pourtant un défi.
Hier, Vincent Peillon, architecte de la réforme des rythmes scolaires qui a transformé l’école en une foire aux ateliers occupationnels, s’est attaché à réfuter le moindre lien entre l’appel d’air initié tous azimuts et les défaillances chroniques dans le recrutement, la sélection, la formation des animateurs, préférant renvoyer la balle à ses opposants. Il faut s’attendre à ce qu’Anne Hidalgo, poursuivie en justice par 17 familles, s’emploie à dénier toute responsabilité dans la faillite de la mairie de Paris… Ou encore à ce que le nouveau maire de la capitale préfère promouvoir les actions du présent plutôt que leur déficit au passé.
L’ÉDITORIAL DE LAURENCE DE CHARETTE
Les auditions des élus parisiens de la commission d’enquête du Sénat sont l’occasion pour les familles d’obtenir des réponses. « Nous attendons des excuses. Pas une formule de compassion ou la reconnaissance de la souffrance des parents : des excuses aux enfants qui n’ont pas été suffisamment protégés et aux familles qui ont alerté et qui, trop souvent, ont eu le sentiment de ne pas être entendues », assène Barka Zerouali, porte-parole du collectif #MeTooEcole. Le collectif SOS Périscolaire, lui, se veut moins optimiste sur la question. « Anne Hidalgo ne s’est pas excusée sur France Inter (ce 9 septembre, NDLR) malgré trois relances du journaliste. Nous ne pensons pas qu’elle le fera au Sénat », souffle Anne, cofondatrice du groupe de parents d’élèves.
Néanmoins, « bien que le Sénat ne soit pas une cour de justice, si certaines questions pointent des faits, établis, précis, Anne Hidalgo et Patrick Bloche devront bien y répondre », ajoute-t-elle. À commencer par le rapport de l’inspection générale de la mairie de Paris, qui dressait déjà un diagnostic des risques d’infractions sexuelles sur mineurs commises par des agents de la ville et proposait un ensemble de mesures pour mieux prévenir, signaler et traiter ces situations.
Les animateurs ne sont plus les seuls mis en cause dans les affaires de violences du périscolaire à Paris. Ces 24 et 25 août, trois familles ont déposé plainte contre l’ex-maire socialiste de la capitale, Anne Hidalgo, et son ancien premier adjoint, Patrick Bloche, chargé de l’éducation, de la petite enfance et des familles, d’octobre 2017 à mars 2026, pour non-assistance à personne en danger, et en particulier sur mineurs de 15 ans.
Quelques jours plus tard, ce 4 septembre, le collectif #MeTooÉcole a annoncé le dépôt d’une plainte par 17 familles dont les enfants sont scolarisés dans des écoles des 9e, 11e et 15e arrondissements. Cette plainte vise des cadres de la mairie de Paris, actuels ou anciens, mais aussi Anne Hidalgo, Patrick Bloche ou encore l’actuel maire Emmanuel Grégoire (adjoint chargé des ressources humaines de 2014 à 2017 et premier adjoint de 2018 à 2024), pour «mise en danger délibérée de la vie d’autrui», «non-dénonciation d’agression ou d’atteinte à des personnes mineures» et «non-assistance à personne en danger».
L’association Transparence citoyenne a à son tour indiqué ce 7 septembre auprès du Figaro avoir émis un signalement pour «absence de dénonciation de mauvais traitement et de délit commis à l’encontre de mineurs dans le cadre d’activités dites “périscolaires” à Paris» auprès du parquet de Paris le 6 avril dernier. Connue notamment pour mettre en lumière les montants des notes de frais des représentants politiques parisiens - dont Anne Hidalgo en septembre 2025 -, Transparence citoyenne se définit comme une association qui «vise à lutter pour la probité des élus».
Depuis son lancement le 1er juillet, la commission d’enquête sénatoriale a auditionné différents acteurs du périscolaire. Au début de l’été, les collectifs de parents lanceurs d’alerte (SOS Périscolaire, #MeTooEcole et Innocence en danger) ont été reçus, puis, début septembre, d’autres groupes de parents à Bordeaux, Mardié (Loiret), Tarnos (Landes) et Paris ont été entendus. Lundi 7 septembre, la procureur de la République de Paris, Laure Beccuau, et son adjoint, Laurent Guy, ont ensuite été auditionnés, suivis du procureur de la République de Nanterre, Yves Badorc, la procureure générale de Paris, Marie-Suzanne Le Quéau, puis la brigade de protection des mineurs. Deux tables rondes de psychologues et d’associations de protection des enfants et d’élus locaux ont été organisées.
Ce lundi, les deux ex-ministres de l’Éducation nationale, Vincent Peillon (2012-2014) et Jean-Michel Blanquer (2017-2022) ont été invités à s’exprimer sur la réforme des temps scolaires qui ont conduit à allonger le temps périscolaire dans de nombreuses communes, notamment à Paris, en passant à la semaine de 4,5 jours. Le temps périscolaire prenant une large place dans l’éducation des enfants, il est urgent de redonner du crédit au métier d’animateur, a estimé Vincent Peillon. « Ceux qui s’occupent de nos enfants après 16 h 30 doivent être qualifiés, contrôlés et payés décemment. Je reconnais que cela n’a pas été fait, et je le regrette », a-t-il déclaré lors de son audition. Une formation des animateurs doit certes être dispensée avant leur prise de fonction, mais aussi de façon régulière. « La formation doit être continue quand on s’occupe d’enfants », a-t-il souligné.
Pour son successeur, Jean-Michel Blanquer, il n’est pour autant pas question de réformer le brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (Bafa). « C’est quand même historiquement un grand succès français, il faudrait faire attention à ne pas trop le remettre en cause », a-t-il indiqué. D’autant qu’« il y a des gens avec des très grands diplômes qui sont coupables de pédophilie et des gens sans diplôme qui sont remarquables et à l’honorabilité irréprochable », a poursuivi l’ex-ministre.
Mercredi 16 septembre, ce sera au tour d’Emmanuel Grégoire, de répondre aux questions de la commission d’enquête.
Bonjour et bienvenue dans ce direct consacré aux violences dans le périscolaire à Paris. Ce mardi, l’ancienne maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, et son ex-adjoint Patrick Bloche - chargé de l’éducation, de la petite enfance et des familles, d’octobre 2017 à mars 2026 -, sont entendus au Sénat à partir de 9 h 30 dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire dédiée aux violences dans le périscolaire. Lancée par la sénatrice Agnès Evren (LR) le 1er juillet, cette mission d’information a pour objectif de comprendre et de prévenir les sévices physiques ou sexuels faits aux enfants de la part d’animateurs ces dernières années dans au moins 70 départements.
Rien qu’à Paris, selon les derniers chiffres énoncés par le parquet le 31 août dernier, 203 enquêtes pénales concernant le périscolaire et les écoles sont en cours. Parmi ces enquêtes - dont les suspects sont en majorité des animateurs -, 143 concernent des écoles maternelles, 36 des écoles élémentaires et 24 des crèches. Ce 10 septembre, la procureur de Paris, Laure Beccuau, a par ailleurs annoncé avoir « lancé » des investigations visant notamment Emmanuel Grégoire et Anne Hidalgo.
En avril, le nouveau maire Emmanuel Grégoire a annoncé un plan à 20 millions d’euros contre les viol
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Audition d'Emmanuel Grégoire devant la commission d'enquête
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- Quelles seront les suites judiciaires pour les anciens élus parisiens ?
- Comment le système de recrutement et de signalement sera-t-il réformé ?




