
Le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste a annoncé le remplacement de Parcoursup dès la rentrée 2027, tandis que syndicats étudiants et lycéens réclament sa suppression pure et simple et la création de places supplémentaires.
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Parcoursup est la plateforme d'orientation post-bac en France. Depuis le début de la mobilisation, elle cristallise la colère de la jeunesse qui demande sa suppression pure et simple pour permettre aux lycéens d'accéder aux formations de leur choix sans sélection algorithmique. Le ministre Philippe Baptiste a annoncé son remplacement dès la rentrée 2027. Un débat sans vote a eu lieu à l'Assemblée nationale le 28 octobre 2026.
Nos rêves ne rentrent pas dans une case Parcoursup", "Parcoursup, fabrique nationale d'anxiété", "Notre avenir n'est pas un algorithme"… Depuis le début de la mobilisation, la plateforme d'orientation post-bac cristallise la colère. La jeunesse mobilisée demande la suppression pure et simple du dispositif pour "permettre aux lycéens et aux lycéennes d'accéder aux formations de la filière de leur choix sans être soumis à une sélection algorithmique", selon la proposition présentée par le syndicat Union étudiante.
En réponse, le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste a annoncé, lundi 26 octobre, le remplacement de Parcoursup dès la rentrée 2027. Mais par quoi ? S'agira-t-il simplement d'une modification du "nom, de l'interface, et de deux-trois petites bricoles", comme le craint un élève interrogé sur le blocus d'un lycée d'Aubervilliers ? Ou bien le changement sera-t-il plus profond et structurel ? Si c'est le cas, comment attribuer des places limitées à des bacheliers toujours plus nombreux ?
A l'Assemblée nationale, mercredi 28 octobre, Philippe Baptiste soumet aux députés les enjeux du futur outil à l'occasion d'un débat sans vote : "Que voulons-nous vraiment ? Une sélection assumée ou une absence totale de sélection ?", interroge-t-il.
"Parcoursup constitue aujourd'hui davantage un outil de régulation et de sélection qu'une plateforme d'aide à l'orientation. C'est un outil de gestion de la pénurie", a dénoncé le député socialiste de la Loire Pierrick Courbon lors du débat. En effet, selon le syndicat national de l'enseignement supérieur (Snesup-FSU) qui a analysé les données extraites de Parcoursup, le nombre de places proposées sur la plateforme diminue. Entre 2025 et 2026, 10 300 places en moins ont été comptabilisées, une baisse que le syndicat explique par le manque de financements.
Selon les chiffres officiels, parmi les lycéens qui ont passé leur bac en juin dernier, plus de 90% des lycéens qui ont formulé des vœux, soit 603 910 élèves, ont reçu au moins une proposition d'admission. Environ 57 000 lycéens n'ont rien eu.
Créer des places pour tous sur les bancs du supérieur ?
Pour le député écologiste Jean-Claude Raux, tous les bacheliers devraient pouvoir accéder à des études supérieures. Il prône "un droit d'accès au premier cycle pour tout bachelier, avec une priorité dans son académie". La mesure est aussi portée par La France insoumise, qui défend "l'ouverture de 150 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur, la hausse des moyens alloués aux établissements publics et la possibilité pour tout bachelier de s'inscrire dans la formation de son choix comme la constitution le prévoit". Le préambule de la Constitution dispose que "la Nation garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture". Des organisations étudiantes et lycéennes engagées dans le mouvement de protestation plaident pour "des formations accessibles à tous les candidats" et réclament "la création de 250 000 places supplémentaires".
Pour Hélène Boulanger, vice-présidente de France Universités, l'association qui regroupe les directions d'établissements publics, cette demande n'est pas réaliste. "On est limités en nombre de salles, de chaises, d'enseignants et d'enseignantes", explique-t-elle sur franceinfo. Elle souligne aussi que le rapport des assises du financement des universités prévoit deux milliards d'euros de déficit pour les universités françaises à horizon 2030, "obligeant probablement à des mesures drastiques de limitation de l'offre de formation et des activités de recherche ainsi qu'à une augmentation des charges".
En réponse à la mobilisation de la jeunesse, le gouvernement a fait un premier pas pour tenter de répondre à la pénurie : l'ouverture de 15 000 places, principalement orientées vers des filières professionnelles et en région Ile-de-France. Cet effort a été jugé insuffisant par de nombreux jeunes, qui ont décidé de poursuivre la mobilisation.
"Trop de jeunes entrent à l'université et y échouent", juge Laurence Garnier. Cette sénatrice Les Républicains a travaillé comme rapporteure sur une commission d'enquête intitulée "Universités : assumer l'excellence". Ses conclusions, rendues en septembre, semblent à contre-courant des aspirations exprimées par la jeunesse. Parmi les recommandations : "mettre fin au droit d'accès à l'enseignement supérieur des titulaires du baccalauréat".
Privilégier une meilleure insertion professionnelle ?
Selon l'Insee, en 2024, près de la moitié des travailleurs ont un niveau d'études inférieur ou égal au baccalauréat. De plus, selon les données du ministère de l'Enseignement supérieur, 47% des étudiants inscrits en L1 en 2019 n'ont obtenu aucun diplôme cinq ans plus tard. "Si on ouvre 250 000 places, on créera des diplômes sans perspective d'emploi à la hauteur des qualifications", assure Laurence Garnier à franceinfo. L'élue dénonce "une forme d'hypocrisie du système" qui nourrit "la frustration et la colère".
"On ment aux jeunes lorsqu'on les intègre au sein de l'université, alors qu'on en précipite une partie vers l'échec."
Laurence Garnier, sénatrice Les Républicains de Loire-Atlantique
à franceinfo
"Notre objectif, ce n'est pas 100% des jeunes bacheliers à l'université, mais 100% de jeunes avec un métier et un avenir", explique-t-elle, assurant par ailleurs qu'une sélection s'appuyant sur les performances scolaires est essentielle pour garantir l'insertion professionnelle de tous les étudiants.
"Evidemment qu'on est conscients des enjeux de demain", réagit Joseph Raimbault, représentant de l'Union syndicale lycéenne, qui assure défendre la création de places dans des cursus qui offrent le plus de débouchés. "Nous devons nous saisir de cette opportunité pour adapter le système au monde de demain avec l'intelligence artificielle et les nouvelles technologies, tout en mettant en avant les professions manuelles, car c'est ça l'avenir".
"On ne dit pas que tout le monde doit faire des études de médecine ou de droit, mais on doit créer des places pour garantir la possibilité de choisir."
Joseph Raimbault, élève membre de l'Union syndicale lycéenne
à franceinfo
Le syndicat prévoit de publier un document listant les différentes filières dans lesquelles il juge prioritaire la création de places. Par ailleurs, un comité de réflexion portant sur la nouvelle plateforme post-bac devra prochainement réunir lycéens et enseignants aux côtés des ministres concernés.
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Un comité de réflexion réunira prochainement lycéens, enseignants et ministres concernés sur la nouvelle plateforme post-bac.
Very likely · Within weeks
L'Union syndicale lycéenne publiera un document listant les filières prioritaires pour la création de places.
Very likely · Within weeks
La mobilisation de la jeunesse se poursuivra face à l'ouverture jugée insuffisante de 15 000 places.
Likely · Within weeks

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