Violences dans le périscolaire à Paris : auditions au Sénat et plaintes contre Anne Hidalgo et Patrick Bloche
Quick Look
- Des familles déposent plainte contre Anne Hidalgo, Patrick Bloche et Emmanuel Grégoire pour non-assistance à personne en danger et mise en danger délibérée de la vie d'autrui dans le cadre des violences sexuelles dans le périscolaire à Paris.
- La commission d'enquête sénatoriale auditionne élus, procureurs et anciens ministres pour comprendre les défaillances de protection des enfants.
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Why It Matters
La commission d'enquête sénatoriale sur les violences dans le périscolaire a été lancée le 1er juillet par la sénatrice Agnès Evren (LR) pour comprendre et prévenir les sévices physiques ou sexuels faits aux enfants par des animateurs dans au moins 70 départements. À Paris, 203 enquêtes pénales concernant le périscolaire et les écoles étaient en cours au 31 août, dont 143 dans les écoles maternelles, 36 dans les écoles élémentaires et 24 dans les crèches.
Les auditions des élus parisiens de la commission d’enquête du Sénat sont l’occasion pour les familles d’obtenir des réponses. « Nous attendons des excuses. Pas une formule de compassion ou la reconnaissance de la souffrance des parents : des excuses aux enfants qui n’ont pas été suffisamment protégés et aux familles qui ont alerté et qui, trop souvent, ont eu le sentiment de ne pas être entendues », assène Barka Zerouali, porte-parole du collectif #MeTooÉcole. Le collectif SOS Périscolaire, lui, se veut moins optimiste sur la question. « Anne Hidalgo ne s’est pas excusée sur France Inter (ce 9 septembre, NDLR) malgré trois relances du journaliste. Nous ne pensons pas qu’elle le fera au Sénat », souffle Anne, cofondatrice du groupe de parents d’élèves.
Néanmoins, « bien que le Sénat ne soit pas une cour de justice, si certaines questions pointent des faits, établis, précis, Anne Hidalgo et Patrick Bloche devront bien y répondre », ajoute-t-elle. À commencer par le rapport de l’inspection générale de la mairie de Paris, qui dressait déjà un diagnostic des risques d’infractions sexuelles sur mineurs commises par des agents de la ville et proposait un ensemble de mesures pour mieux prévenir, signaler et traiter ces situations.
Les animateurs ne sont plus les seuls mis en cause dans les affaires de violences du périscolaire à Paris. Ces 24 et 25 août, trois familles ont déposé plainte contre l’ex-maire socialiste de la capitale, Anne Hidalgo, et son ancien premier adjoint, Patrick Bloche, chargé de l’éducation, de la petite enfance et des familles, d’octobre 2017 à mars 2026, pour non-assistance à personne en danger, et en particulier sur mineurs de 15 ans.
Quelques jours plus tard, ce 4 septembre, le collectif #MeTooÉcole a annoncé le dépôt d’une plainte par 17 familles dont les enfants sont scolarisés dans des écoles des 9e, 11e et 15e arrondissements. Cette plainte vise des cadres de la mairie de Paris, actuels ou anciens, mais aussi Anne Hidalgo, Patrick Bloche ou encore l’actuel maire Emmanuel Grégoire (adjoint chargé des ressources humaines de 2014 à 2017 et premier adjoint de 2018 à 2024), pour «mise en danger délibérée de la vie d’autrui», «non-dénonciation d’agression ou d’atteinte à des personnes mineures» et «non-assistance à personne en danger».
L’association Transparence citoyenne a à son tour indiqué ce 7 septembre auprès du Figaro avoir émis un signalement pour «absence de dénonciation de mauvais traitement et de délit commis à l’encontre de mineurs dans le cadre d’activités dites “périscolaires” à Paris» auprès du parquet de Paris le 6 avril dernier. Connue notamment pour mettre en lumière les montants des notes de frais des représentants politiques parisiens - dont Anne Hidalgo en septembre 2025 -, Transparence citoyenne se définit comme une association qui «vise à lutter pour la probité des élus».
Depuis son lancement le 1er juillet, la commission d’enquête sénatoriale a auditionné différents acteurs du périscolaire. Au début de l’été, les collectifs de parents lanceurs d’alerte (SOS Périscolaire, #MeTooÉcole et Innocence en danger) ont été reçus, puis, début septembre, d’autres groupes de parents à Bordeaux, Mardié (Loiret), Tarnos (Landes) et Paris ont été entendus. Lundi 7 septembre, la procureur de la République de Paris, Laure Beccuau, et son adjoint, Laurent Guy, ont ensuite été auditionnés, suivis du procureur de la République de Nanterre, Yves Badorc, la procureur générale de Paris, Marie-Suzanne Le Quéau, puis la brigade de protection des mineurs. Deux tables rondes de psychologues et d’associations de protection des enfants et d’élus locaux ont été organisées.
Ce lundi, les deux ex-ministres de l’Éducation nationale, Vincent Peillon (2012-2014) et Jean-Michel Blanquer (2017-2022) ont été invités à s’exprimer sur la réforme des temps scolaires qui ont conduit à allonger le temps périscolaire dans de nombreuses communes, notamment à Paris, en passant à la semaine de 4,5 jours. Le temps périscolaire prenant une large place dans l’éducation des enfants, il est urgent de redonner du crédit au métier d’animateur, a estimé Vincent Peillon. « Ceux qui s’occupent de nos enfants après 16 h 30 doivent être qualifiés, contrôlés et payés décemment. Je reconnais que cela n’a pas été fait, et je le regrette », a-t-il déclaré lors de son audition. Une formation des animateurs doit certes être dispensée avant leur prise de fonction, mais aussi de façon régulière. « La formation doit être continue quand on s’occupe d’enfants », a-t-il souligné.
Pour son successeur, Jean-Michel Blanquer, il n’est pour autant pas question de réformer le brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (Bafa). « C’est quand même historiquement un grand succès français, il faudrait faire attention à ne pas trop le remettre en cause », a-t-il indiqué. D’autant qu’« il y a des gens avec des très grands diplômes qui sont coupables de pédophilie et des gens sans diplôme qui sont remarquables et à l’honorabilité irréprochable », a poursuivi l’ex-ministre.
Mercredi 16 septembre, ce sera au tour d’Emmanuel Grégoire, de répondre aux questions de la commission d’enquête.
Bonjour et bienvenue dans ce direct consacré aux violences dans le périscolaire à Paris. Ce mardi, l’ancienne maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo, et son ex-adjoint Patrick Bloche - chargé de l’éducation, de la petite enfance et des familles, d’octobre 2017 à mars 2026 -, sont entendus au Sénat à partir de 9 h 30 dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire dédiée aux violences dans le périscolaire. Lancée par la sénatrice Agnès Evren (LR) le 1er juillet, cette mission d’information a pour objectif de comprendre et de prévenir les sévices physiques ou sexuels faits aux enfants de la part d’animateurs ces dernières années dans au moins 70 départements.
Rien qu’à Paris, selon les derniers chiffres énoncés par le parquet le 31 août dernier, 203 enquêtes pénales concernant le périscolaire et les écoles sont en cours. Parmi ces enquêtes - dont les suspects sont en majorité des animateurs -, 143 concernent des écoles maternelles, 36 des écoles élémentaires et 24 des crèches. Ce 10 septembre, la procureur de Paris, Laure Beccuau, a par ailleurs annoncé avoir « lancé » des investigations visant notamment Emmanuel Grégoire et Anne Hidalgo.
En avril, le nouveau maire Emmanuel Grégoire a annoncé un plan à 20 millions d’euros contre les violences sexuelles dans le périscolaire. Il a aussi inauguré lundi l’école du périscolaire avec une nouvelle formation de 100 heures pour professionnaliser la filière. Il sera entendu par la commission d’enquête ce mercredi.
Violences sexuelles dans le périscolaire à Paris : notre dossier pour tout comprendre
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
La commission d'enquête sénatoriale publiera un rapport avec des recommandations pour renforcer la protection des enfants dans le périscolaire.
Very likely · Within weeks
De nouvelles formations obligatoires pour les animateurs seront mises en place à Paris et dans d'autres communes.
Likely · Within months
Les plaintes déposées contre Anne Hidalgo, Patrick Bloche et Emmanuel Grégoire entraîneront des investigations judiciaires approfondies.
Possible · Within months
Open Questions
- Quelles mesures concrètes seront prises pour protéger les enfants dans le périscolaire après les auditions ?
- Les responsables mis en cause seront-ils poursuivis pénalement ?
- Comment sera assurée la formation continue et le contrôle des animateurs ?
- Quel sera le devenir du plan de 20 millions d'euros annoncé par Emmanuel Grégoire contre les violences sexuelles ?




