Violences sexuelles dans le périscolaire : les parents perdent confiance
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Face à la multiplication des enquêtes pour violences sexuelles imputées à des animateurs périscolaires, de nombreux parents hésitent à confier leurs enfants à ces structures, privilégiant des gardes à domicile malgré les contraintes organisationnelles et financières.
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Why It Matters
Plusieurs affaires de violences sexuelles imputées à des animateurs périscolaires ont émergé ces derniers mois, poussant le ministre de l'Éducation à annoncer l'ajout de questions sur les violences sexistes et sexuelles dans le questionnaire annuel sur le harcèlement distribué aux enfants.
Comment faire confiance ? C’est la question que se posent de nombreux parents en cette semaine de rentrée scolaire, alors que plusieurs affaires de violences sexuelles, notamment imputées à des animateurs de périscolaire ont explosé ces derniers mois. Au point pour certaines familles de s’interroger sur les modes de garde de leurs enfants ?
« Je suis papa d’une fille de 9 ans et elle n’a jamais mis les pieds dans une de ces structures », témoigne Benoît, ancien animateur en centre aéré, en colonies de vacances et en périscolaire. « J’ai encore quelques connaissances dans ce secteur et les remontées sont catastrophiques », déplore-t-il, pointant une absence de sélection dans le profil des animateurs. Et d’ajouter : « Faire appel à un ou une nounou pour récupérer son enfant n’est pas non plus sécurisant ».
« Personne de confiance »
Selon France Info, 203 enquêtes pénales sont en cours pour des soupçons de violences, y compris sexuelles, dans le scolaire et le périscolaire à Paris. Au moins 184 écoles sont concernées. « Le phénomène est massif », a prévenu le ministre de l’Éducation Édouard Geffray, qui a annoncé l’ajout de questions sur les violences sexistes et sexuelles dans le questionnaire sur le harcèlement distribué aux enfants chaque année.
« Nous avons fait le choix d’une garde à domicile avec une personne de confiance », témoigne Anaïs, mère de deux enfants et élue municipale. Un changement pour un cadre plus rassurant, motivée par la hausse des tarifs de l’accueil périscolaire mais surtout par le cas particulier de la structure d’accueil de sa commune. « Il est apparu que le directeur faisait l’objet d’une interdiction d’exercer auprès de mineurs, à la suite d’une condamnation pour violences conjugales intervenue quelques mois auparavant », explique-t-elle.
« Entre-deux »
Ce genre de découverte, sapant la confiance, Yvan, père d’un petit garçon de 5 ans, en a fait l’amère expérience. Fin juin, il est informé par mail de suspicions d’attouchements au sein de l’établissement scolaire de son fils, à Rennes. Si une réunion a été organisée pour tenter de rassurer les parents, sans mesure prise, « le flou demeure et la peur aussi », explique-t-il. « J’arrive à la rentrée et je stresse pour tout ce qui concerne mon fils, confie le père de famille. Seulement je n’ai pas d’autres choix de garde… »
Depuis plusieurs années, Yvan fait régulièrement appel à une entreprise de garde d’enfants et une nourrice accompagne son fils du réveil jusqu’à l’école. Puis, le petit garçon reste à la garderie en fin de journée. « Je suis dans la sinistrose, j’ai perdu le peu de confiance que j’avais dans le personnel de l’école », raconte-t-il. Un « entre-deux » déchirant pour les parents, que décrypte Céline*, psychologue spécialisée dans l’enfance et l’adolescence. « Les parents ont de plus en plus peur de confier leurs enfants à d’autres adultes, et on ne peut que les comprendre », assure-t-elle.
Affaires minoritaires
Les chiffres sont effrayants. En France, un enfant sur dix est victime de violences sexuelles, soit environ trois enfants par classe. « Et en même temps, il y a un vrai risque pour le développement de l’enfant s’il reste isolé dans la cellule familiale, comme on l’a vu pendant le Covid et le confinement », poursuit la psychologue. « C’est une catastrophe pour les adultes, pour lesquels l’organisation du temps de travail en France ne permet pas de s’occuper de leurs enfants, et pour les enfants qui doivent sociabiliser, jouer, se mélanger », résume-t-elle.
« Si l’on en croit les statistiques sur le sujet, le risque serait plus grand de le confier à sa famille qu’à des professionnels de la garde d’enfants », temporise Thomas, qui pointe des affaires « certes trop nombreuses », mais qui restent « minoritaires ». Le père de famille va maintenir son organisation, mêlant nourrice « de confiance » et centre aéré à l’occasion. « Les personnels sont suffisamment nombreux et notre enfant n’y va que le mercredi matin, poursuit-il. Nous ne pensons pas que cela représente un quelconque risque qu’il se retrouve seul avec un animateur ». A la veille de la rentrée scolaire, le gouvernement veut rassurer. « Tout est fait pour protéger les mineurs », a assuré Édouard Geffray à l’issue du Conseil des ministres ce lundi.
* Le prénom a été changé
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le gouvernement va renforcer les contrôles préalables à l'embauche des animateurs périscolaires.
Likely · Within months
De plus en plus de familles vont opter pour des gardes d'enfants à domicile ou auprès de nounous de confiance.
Very likely · Within weeks
Open Questions
- Quelles mesures concrètes seront prises pour renforcer le contrôle des animateurs ?
- Comment les familles à faible revenu pourront-elles accéder à des gardes d'enfants sûres si elles évitent le périscolaire ?
- Existe-t-il un registre national des personnes interdites d'exercer auprès de mineurs ?



