
Face au blocage du détroit d'Ormuz, des pétroliers contournent les restrictions par des manœuvres nocturnes, stabilisant ainsi les prix mondiaux du brut.
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Le détroit d'Ormuz est bloqué depuis six mois en raison de tensions persistantes entre les États-Unis et l'Iran.
Cela fait bientôt six mois qu'au Moyen-Orient, le détroit d'Ormuz est bloqué. Les Etats-Unis et l'Iran ne trouvent pas d'accord. Conséquence : le prix des carburants augmente en France, mais la hausse reste contenue. Pour le moment, le prix du baril de pétrole ne dépasse pas la barre fatidique des 100 dollars qu'elle avait pourtant franchie lors des premières semaines du conflit en Iran.
Les pétromonarchies semblent avoir trouvé une solution pour exporter leur pétrole : traverser Ormuz en secret. Chaque nuit, des pétroliers éteignent leur radar et coupent leur lumière pour rentrer ou sortir du golfe Persique. Cette stratégie clandestine, l'entreprise Kpler, spécialiste des flux pétroliers, l'a découverte en observant un phénomène étonnant : des bateaux stationnés en pleine mer d'Arabie qui se remplissent de pétrole comme par magie.
"Soulager les marchés pétroliers"
Homayoun Falakshahi, responsable des analyses pétrolières chez Klper, détaille cette stratégie : "Il y a une flotte de navires qui est dédiée au passage, qui est uniquement là pour charger le pétrole dans le golfe Persique. Une fois qu'ils passent le détroit d'Ormuz, ils le déchargent vers d'autres bateaux. Entre trois et quatre bateaux sortent chaque jour, la même chose de l'autre côté ; trois, quatre bateaux rentrent, donc on est entre six et dix bateaux à peu près chaque jour".
Ce serait même plus. Le média Axios, citant des hauts responsables américains, parle d'une vingtaine de passages chaque nuit, escortés par l'armée américaine. Cela permet d'exporter depuis le golfe Persique environ 9 millions de barils chaque jour selon Kpler, contre 300 000 au début du conflit. "On était à une moyenne de 14 millions de barils par jour avant la guerre. On n'est pas de retour à des niveaux habituels, mais cette hausse réussit en partie à soulager les marchés pétroliers", précise Homayoun Falakshahi.
Le rôle clé de la Chine
Si les prix n'explosent pas, c'est aussi parce que la demande en pétrole est plus faible. Elle a diminué d’environ 6 à 7% à l’échelle mondiale, notamment en Asie, qui achète une très grande partie du pétrole exporté par le Moyen-Orient. Selon Homayoun Falakshahi, de Kpler, la Chine joue d'ailleurs un rôle clé : c’est le principal acheteur de ce pétrole, mais ses importations ont nettement diminué. "Tant que la Chine ne revient pas très fortement sur les marchés internationaux pour acheter et importer du pétrole, il est fort à parier que les prix du pétrole ne devraient pas exploser", estime-t-il.
Pékin tient le coup grâce à ses réserves. Selon les analyses de Kpler, même si le détroit ne rouvre pas immédiatement, la Chine est capable de tenir encore six mois sur ses réserves, avant d'être obligée d'acheter du pétrole et donc de faire grimper les prix.
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Stagnation des prix du pétrole tant que la demande chinoise reste faible.
Likely · Within months

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