Lors des universités d'été du mouvement à Châteauneuf-sur-Isère, le leader insoumis a détaillé son programme économique et critiqué l'action d'Emmanuel Macron.
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Le mouvement La France Insoumise tient ses universités d'été annuelles à Châteauneuf-sur-Isère. Le discours s'inscrit dans une perspective de préparation à l'élection présidentielle de 2027.
Envoyée spéciale à Châteauneuf-sur-Isère
Toujours cravaté de rouge, Jean-Luc Mélenchon est arrivé sur scène, ce dimanche, au son d’une Marseillaise revisitée. Une entrée à l’image du triomphalisme ambiant qui règne chez les Insoumis, réunis ce week-end pour leurs universités d’étés - dites les «Amfis» -, au bord du lac de Châteauneuf-sur-Isère (Drôme). «À présent pour nous, non seulement comme un objectif, mais déjà une attente impatiente, la victoire est possible», a claironné le quadruple candidat, flanqué de ses lieutenants installés de part et d’autre de l’estrade. «La France Insoumise est prête à gouverner dès 2027», a-t-il insisté, quelques minutes plus tard.
À l’aube du grand oral économique du Medef, qui se tiendra ce jeudi, Jean-Luc Mélenchon a livré un avant-goût de ce qu’il entend marteler face aux patrons : «C’est nous, les gens sérieux et responsables. C’est eux, la ruine, la pagaille», a-t-il proclamé, s’engageant à «remettre les comptes publics dans l’ordre». Qu’importe si sa proposition historique d’annuler une partie de la dette française lui a encore valu récemment un torrent de critiques. «Oui, la Banque centrale européenne peut et doit mettre au congélateur les dettes publiques des États en commençant par celle de la période Covid», a-t-il insisté, devant plus de 10.000 personnes selon les chiffres de LFI.
Le septuagénaire promet aussi de taxer «les superprofits», mais aussi de relancer «la consommation populaire et l’investissement» en augmentant les salaires. Même si cela faisait peu de doutes, le leader Insoumis a d’ailleurs prévenu que ses troupes censureraient, quoi qu’il arrive, le gouvernement de Sébastien Lecornu sur son projet de budget 2027 «qui va aggraver tous les maux de l’économie française».
Accordant une longue partie de son discours aux enjeux climatiques, Jean-Luc Mélenchon a également rappelé son souhait d’une «conscription écologique» pour constituer des gardes régionales de sécurité civile. Mais aussi la mise en place d’«écorégions», dont les contours seraient dessinés en fonction des «bassins versants» - c’est-à-dire des zones où toutes les eaux de pluie convergent. «Nous sommes tous empoisonnés. (...) Vous tous contenez des pesticides, des métaux lourds, et le reste», a-t-il repris, assurant que son mouvement comptait «interdire la loi Duplomb» en 2027.
Les préfets dans le viseur
Devant des drapeaux palestiniens brandis dans l’assistance, le quadruple candidat n’a pas manqué d’invoquer «le droit international», qu’il entend placer au cœur de sa politique étrangère. «Voyez comment l’ordre du monde a basculé. Trump et Netanyahou sont défaits en Iran, Poutine est enlisé en Ukraine. Partout sur la planète, les équilibres géopolitiques se réorganisent. Mais hélas, sans la France», a-t-il assuré. Puis de s’en prendre à l’attitude d’Emmanuel Macron, qui «s’aligne sur le trumpisme». «Quel dégoût que cette inaction ? Le droit international est méprisé», a-t-il renchéri. Quelques minutes plus tôt, le tribun Insoumis qualifiait déjà de «libération» le départ du chef de l’État, empêché constitutionnellement de se représenter.
Jean-Luc Mélenchon, qui se targue de pouvoir compter sur un réseau de hauts fonctionnaires, a tenu à adresser un message loin d’être amical aux préfets : «Nous voulons un État impartial, où les préfets sont priés de retourner dans leur bureau et de cesser de faire des procès aux députés insoumis, devant lesquels comme devant n’importe quels députés, ils doivent faire un salut militaire réglementaire !», a-t-il lancé. Avant d’enfoncer : «Nous ne sommes pas vos copains. Nous sommes, quand nous sommes députés les seuls souverains de ce pays, représentant le peuple souverain lui-même.»
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Censure du projet de budget 2027 du gouvernement Lecornu par LFI.
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