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L'AIEA saisit le Conseil de sécurité de l'ONU sur le non-respect iranien, tensions au Liban et piraterie en hausse dans le golfe d'Aden
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Le Figaro Actualités3 hours agoWorld2 min readFranceView translation

L'AIEA saisit le Conseil de sécurité de l'ONU sur le non-respect iranien, tensions au Liban et piraterie en hausse dans le golfe d'Aden

Quick Look

  • Le conseil des gouverneurs de l'AIEA a décidé de saisir le Conseil de sécurité de l'ONU concernant le non-respect par l'Iran de ses obligations nucléaires, adopté par 23 voix pour, 3 contre et 8 abstentions.
  • Par ailleurs, une frappe israélienne au Liban a fait un mort, les Gardiens de la Révolution iraniens dénoncent le meurtre d'un dignitaire sunnite par des groupes séparatistes, et la piraterie resurgit dans le golfe d'Aden liée aux tensions dans le détroit d'Ormuz.

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Why It Matters

L'AIEA surveille le programme nucléaire iranien depuis des années. Le mont Kolang, près de Natanz, est soupçonné d'abriter un site souterrain depuis 2020 après un incendie à Natanz. Les tensions au Liban s'inscrivent dans le cadre du conflit entre Israël et le Hezbollah, tandis que la piraterie dans le golfe d'Aden augmente en raison de l'instabilité régionale liée aux tensions dans le détroit d'Ormuz.

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Le conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a décidé mercredi de saisir le Conseil de sécurité des Nations unies au sujet du «non-respect» par l’Iran de ses obligations dans le domaine nucléaire, ont indiqué deux diplomates.

La résolution a été adoptée par 23 voix pour, 3 voix contre et 8 abstentions, ont précisé à l’AFP ces deux diplomates. La Russie, la Chine et le Niger se sont opposés à son adoption.

À lire aussi «Ils utilisent toutes les opportunités» : dans le golfe d’Aden, la piraterie resurgit à la faveur de la guerre en Iran

Les travaux de construction se sont intensifiés de manière significative depuis un an sur le mont Kolang, dans le centre de l’Iran, soupçonné d’abriter un complexe nucléaire souterrain, selon une analyse du Center for Strategic and International Studies (CSIS) Dans une note publiée mercredi, le cercle de réflexion estime, sur la base de six années d’images satellitaires, que le site a connu «une nette intensification des travaux de construction en 2026».

Dans leur rapport, les analystes soulignent le passage «d’une phase d’excavation active à de probables travaux de construction internes et la poursuite du renforcement extérieur». Selon eux, les images satellites mettent en évidence l’aménagement de nouvelles routes, la construction d’espaces de stockage, ainsi que le renforcement des zones d’accès. Situé à proximité du complexe nucléaire de Natanz, à 250 km au sud de Téhéran, le mont Kolang est considéré par les services de renseignement comme un site susceptible d’accueillir de futurs développements du programme nucléaire iranien.

«Cette évaluation ne permet ni d’infirmer ni de confirmer les affirmations des services de renseignement israéliens selon lesquels l’Iran aurait transféré des centrifugeuses au mont Kolang», nuance toutefois le CSIS. Le centre estime aussi que le site «n’est pas encore en mesure de mener des opérations d’enrichissement, si tant est que ce soit l’objectif recherché».

Fin juillet, Donald Trump avait menacé de bombarder «très bientôt et très durement» ce site, appelé «Pickaxe Mountain» en anglais -«Kolang» signifie «pioche» en persan-, jusque-là épargné par les frappes contrairement aux installations de Natanz et au site souterrain de Fordo. Ce dernier avait été visé en juin 2025 par des bombes antibunker GBU-57 capables de s’enfoncer à plusieurs dizaines de mètres de profondeur avant d’exploser.

Or le mont Kolang «est une installation fortifiée profondément enfouie dans le granite; sa destruction s’avérerait difficile, même avec les munitions américaines les plus puissantes, telles que la bombe GBU-57» estime le think tank, qui plaide en faveur d’une solution diplomatique assortie de mécanismes de surveillance.

La construction d’un complexe nucléaire dans les entrailles granitiques de la montagne a débuté en 2020 après l’incendie, vraisemblablement dû à un sabotage, du hall d’assemblage des centrifugeuses de Natanz. En octobre 2025, une analyse antérieure par le CSIS d’images satellites des travaux de construction au mont Kolang avait déjà mis en évidence une accélération du rythme des travaux ainsi que l’installation d’un périmètre de sécurité autour du site.

L’Iran dément l’existence de tout complexe nucléaire souterrain secret sous le mont Kolang. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le gendarme nucléaire de l’ONU, a demandé des informations sur le mont Kolang et de pouvoir accéder au site.

Une frappe israélienne a fait un mort mercredi dans le sud du Liban, selon un média d’Etat, dans la région de Nabatiyé où Israël intensifie ses tirs depuis plusieurs jours malgré le cessez-le-feu. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres s’est déclaré mardi «profondément préoccupé par l’escalade des opérations militaires israéliennes dans le sud du Liban, en particulier à Nabatiyé et dans ses environs», selon son porte-parole.

Depuis qu’elle a annoncé la semaine dernière avoir pris le contrôle de la crête d’Ali Taher, une position stratégique du Hezbollah à Nabatiyé, l’armée israélienne intensifie ses frappes dans cette région, qui ont fait au moins 29 morts depuis vendredi, dont 12 membres d’une même famille.

Selon l’Agence nationale d’information (Ani, officielle), la frappe israélienne de mercredi a visé, par drone, une moto sur une route à Zibdine, tuant un homme. Les hostilités avaient baissé d’intensité depuis fin juin, à la faveur d’un protocole d’accord américano-iranien et d’un accord-cadre entre le Liban et Israël. Des dizaines de milliers de déplacés du sud avaient profité de l’accalmie pour retourner chez eux, mais la récente intensification des tirs a quasiment vidé la ville de Nabatiyé.

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé mercredi qu’un dignitaire sunnite avait été tué dans une province du nord-ouest du pays, dénonçant une tentative de groupes séparatistes de semer la division entre sunnites et chiites. Dans un communiqué, les Gardiens ont indiqué que ce dignitaire, Mohammad Nezhati, avait été tué «dans un crime terroriste brutal commis par des groupes séparatistes sionistes-américains», sans préciser quand les faits s’étaient produits.

Cette puissante force armée iranienne a précisé que Mohammad Nezhati était également membre des forces paramilitaires volontaires du Bassidj, qui opèrent sous l’autorité des Gardiens de la Révolution. Le terme «groupes séparatistes» est souvent utilisé par les autorités iraniennes pour désigner des groupes d’opposition kurdes basés dans la région du Kurdistan irakien, que Téhéran accuse depuis longtemps d’entretenir des liens avec les États-Unis et Israël, ses ennemis jurés. Ces deux pays ont lancé fin février une offensive conjointe contre la République islamique, déclenchant la guerre qui embrase le Moyen-Orient.

Les Gardiens n’ont pas précisé si des membres de ces groupes étaient entrés en Iran depuis l’Irak ou si le meurtre avait été commis par des agents déjà présents dans le pays. «Ce crime ne visait pas seulement une personnalité éminente, mais constituait également une tentative désespérée de semer la division parmi les musulmans, de saper l’unité entre chiites et sunnites et de priver la société de sécurité et de paix», ont-ils déclaré. À majorité chiite, l’Iran compte d’importantes communautés sunnites, notamment dans ses provinces de l’ouest et du sud-est.

Au large de la Corne de l’Afrique, la piraterie prospère dans le golfe d’Aden, l’une des voies maritimes les plus empruntées au monde, portée par le climat de tension extrême qui règne 2000 kilomètres plus à l’est, dans le détroit d’Ormuz. «Les méthodes des pirates n’ont pas forcément évolué mais ils sont capables d’évoluer plus loin au large des côtes somaliennes», alerte Damien Chevallier, directeur de la division de la sécurité maritime à l’OMI, interrogé par Le Figaro. Dans le détail, au moins quinze attaques comptabilisées depuis le début de l’année, dont quatorze depuis le début de la guerre en Iran, selon le recensement réalisé par l’AFP à partir des rapports du Système mondial intégré des renseignements maritimes de l’OMI. Depuis 2013 la région n’enregistrait au plus que quelques attaques de pirates par an, et cinq en 2025.

Le golfe d’Aden, région stratégique entre la Somalie et le Yémen qui relie la mer Rouge à l’océan Indien, se révèle aujourd’hui comme l’une des zones maritimes les plus dangereuses pour les équipages, les pirates somaliens étant responsables à 94% des prises d’otages de marins dans le monde, selon l’OMI. «Plus de 90 marins innocents sont actuellement retenus en captivité, leur vie étant soumise à une incertitude et à une menace constantes», alerte le secrétaire général de l’OMI, M. Arsenio Dominguez.

GOLFE D’ADEN : LA PIRATERIE RESURGIT

L’armée américaine a annoncé mardi avoir détruit cinq navires pétroliers dans la région du Golfe en représailles à des attaques des gardiens de la révolution iraniens contre un navire de l’armée américaine ces deux derniers jours.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) «a détruit cinq navires transportant du pétrole brut iranien, le 8 septembre, après que le Corps des gardiens de la révolution a visé à deux reprises un bâtiment de la marine américaine avec des missiles balistiques au cours des deux derniers jours», a-t-il écrit dans un communiqué.

Il affirme que le navire américain a «déjoué» ces attaques et qu’aucun militaire américain n’a été blessé. Le Centcom précise également avoir demandé aux équipages d’abandonner leur navire avant qu’ils ne soient frappés.

Quatre navires (le Kaviz, le Charminar, l’Horizon et le Riesco) ont été détruits dans le golfe d’Oman et un cinquième (le Derya) près de l’île de Kharg, précise le communiqué, accompagné de vidéos de ces navires touchés par une explosion, puis en flammes.

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Le Conseil de sécurité de l'ONU pourrait adopter une résolution visant à renforcer la pression sur l'Iran concernant son programme nucléaire.

    Likely · Within weeks

  • Les frappes israéliennes au Liban pourraient se poursuivre tant que l'armée israélienne considère avoir des objectifs stratégiques dans la région de Nabatiyé.

    Very likely · Within days

  • La piraterie dans le golfe d'Aden restera à un niveau élevé tant que les tensions dans le détroit d'Ormuz persisteront.

    Likely · Within months

Open Questions

  • L'Iran a-t-il effectivement transféré des centrifugeuses vers le mont Kolang ?
  • Quelles seront les conséquences d'une éventuelle saisine du Conseil de sécurité sur l'Iran ?
  • La piraterie dans le golfe d'Aden continuera-t-elle d'augmenter avec la poursuite des tensions au Moyen-Orient ?
  • Quel est l'état réel des installations nucléaires souterraines au mont Kolang ?

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This article was originally published by Le Figaro Actualités.

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