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Le débat sur le port du voile dans l'espace public est récurrent en France, souvent lié à des discussions sur la laïcité, l'intégration et les droits des femmes. Le Rassemblement national a historiquement pris des positions restrictives sur les signes religieux ostensibles.
Alors que la campagne présidentielle s’amorce, le Rassemblement national suscite le débat avec sa promesse de sanctionner le port du voile dans l’espace public. Si cette annonce suscite des crispations et soulève des interrogations quant à sa compatibilité avec le principe de laïcité, l’auteur de l’essai Le linceul du féminisme : caresser l’islam dans le sens du voile (Séramis) affirme qu’il s’agit avant tout d’une «question de misogynie, de sexisme et de patriarcat».
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Selon lui, la laïcité est invoquée pour détourner le débat de son véritable terrain : «En donnant l’impression que le voile est porté au nom de la religion, il faudrait le respecter.» Ainsi, les prescripteurs du voile, tout comme les femmes qui le portent, seraient considérés comme les victimes d’une forme d’ostracisation si l’interdiction venait à entrer en vigueur.
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La vraie question est de savoir dans quelle société nous voulons vivre
«Si l’on ramène le voile sur le terrain de l’inégalité entre les sexes, les prescripteurs du voile passent pour des bourreaux», affirme Naëm Bestandji. Il s’agit, selon lui, d’un déplacement sémantique important, dans la mesure où les adversaires du voile perdraient la bataille s’ils invoquaient uniquement le principe de laïcité. «Le vrai sujet, c’est la misogynie, et la question est de savoir dans quelle société nous voulons vivre», souligne l’auteur.
D’un point de vue pratique, l’invité de Bienvenue en Île-de-France juge également «ridicule de vouloir interdire le port du voile au nom de l’égalité entre les sexes», car les policiers auraient du mal à faire appliquer une telle mesure. «Sur le plan philosophique, on ne peut pas interdire aux gens de s’habiller comme ils le souhaitent, même si c’est l’expression d’une oppression des femmes. Si certaines femmes consentent à s’y soumettre, ce n’est pas à coups de loi qu’on fera changer les choses. Au contraire, on en fera des martyrs.»
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Le débat sur l'interdiction du voile dans l'espace public continuera de polariser l'opinion publique pendant la campagne présidentielle.
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