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Les marchés de prédiction comme Polymarket permettent de parier sur l'issue d'événements politiques, y compris les élections. Aux États-Unis, certains candidats ont déjà été sanctionnés pour avoir parié sur leurs propres courses. En France, parier sur les élections est interdit par l'ANJ, qui a bloqué Polymarket en juillet 2026.
Il faut parier. Cela n’est pas volontaire, vous êtes embarqué. Un élu démocrate, une rivale prise la main dans le sac et un texte de loi taillé sur mesure. Aux États-Unis, le représentant Don Davis veut interdire aux candidats fédéraux de parier sur leur propre élection. Sa cible, ce sont les marchés de prédiction, ces plateformes où l’on achète des contrats sur l’issue d’un événement. Le timing a du charme, car la cote de David Lisnard sur Polymarket fait jaser en France depuis septembre. D’où une même interrogation des deux côtés de l’Atlantique : qui peut miser sur un scrutin sans peser sur son résultat ?
No Betting on Your Own Race Act : ce que prévoit le texte
Don Davis, représentant démocrate de Caroline du Nord, a déposé son projet cette semaine. Le texte vise les candidats fédéraux, mais aussi leurs conjoints, leurs enfants à charge et leurs comités de campagne, selon CNBC. Il leur interdit d’acheter, de vendre ou de détenir des contrats liés à leur propre course. Victoire, participation, part des voix, marge ou classement, tout y passe, primaires comprises. La sanction atteint 10 000 dollars par infraction, ou trois fois le gain net si ce montant est supérieur.
L’élu a d’abord justifié sa démarche par une analogie sportive : « Nous ne voulons pas que nos athlètes parient sur leurs matchs. Un candidat à une fonction fédérale doit être traité exactement de la même manière. » On s’amusera (si l’on peut dire) du calendrier. En août, Kalshi a en effet suspendu pour trois ans sa rivale républicaine, Laurie Buckhout, avec 2 589,96 dollars de pénalité à la clé. Elle avait pourtant misé moins de 1 000 dollars sur sa propre course. « J’ai parié sur moi. Littéralement. C’était une erreur stupide », a-t-elle reconnu. Une confiance en soi hors de prix, assurément. La plateforme avait déjà écarté trois autres candidats pour cinq ans en avril. Au Congrès enfin, le Sénat a adopté une résolution visant sénateurs et personnel, alors que la Chambre n’a voté aucun texte comparable.
Lisnard sur Polymarket : une cote n’est pas un sondage
En France, l’ascension de David Lisnard alimente les débats sur X. Le maire de Cannes, candidat potentiel à la présidentielle de 2027, a vu son contrat « oui » passer d’environ 3 % à 8 % entre le 6 et le 13 septembre. Puis il a atteint 13,3 cents le 6 octobre, d’après notre décompte. Autrement dit, les parieurs lui donnent 13,3 % de chances de l’emporter, ce qui n’a rien d’une intention de vote. En revanche, l’Ifop ne le mesurait qu’à 3,5 % fin septembre.
Ce marché reste un marché mince. Le 4 octobre, 203 000 dollars ont changé de mains en une journée via 137 portefeuilles, un record sur ce contrat. Déjà, le 30 septembre, un compte récent avait misé plus de 105 000 dollars contre le maire. Une étude de Yale citée par L’ADN conclut que 3 % des comptes seulement déplacent réellement les prix. Lisnard, lui, a répondu sur X : « Ne perdez plus de temps à essayer de me convaincre : je vais voter pour moi. » Le Canard enchaîné a toutefois évoqué une possible manipulation, sans preuve à ce stade, selon Bourse Inside.
Délit d’initié et manipulation : qui a le droit de parier ?
Un candidat connaît l’état de sa campagne mieux que quiconque. C’est pourquoi les règles de Kalshi interdisent de parier sur un événement que l’on peut influencer. Davis a ainsi parlé de « trading sur information privilégiée » à propos de son adversaire. Mais l’inverse existe aussi : miser pour gonfler une cote, fabriquer du buzz et se présenter ensuite en favori.
En France, parier sur une échéance électorale n’est pas autorisé, rappelions-nous déjà en 2024. L’ANJ, le régulateur des jeux, a d’ailleurs classé Polymarket comme offre illégale de jeux d’argent. Elle a ensuite ordonné le blocage du site le 16 juillet 2026. Mais aucun texte français ne vise les candidats eux-mêmes. La loi de Davis, si elle passait, serait donc en avance sur Paris. Lisnard affirme ne pas savoir comment la plateforme fonctionne, d’après Bourse Inside, ce qui ne dit rien de ses partisans. Zone grise totale.
AI outlook — possibilities, not facts
La proposition de loi 'No Betting on Your Own Race Act' sera débattue au Congrès américain dans les prochains mois
Likely · Within months
Le débat sur la régulation des marchés de prédiction en France se poursuivra, notamment concernant les personnalités politiques
Possible · Within months

The mayor of Cannes David Lisnard is climbing the odds on the Polymarket betting site for the 2027 presidential election. An analysis of 10,000 transactions shows that low volumes are enough to boost his odds, relayed by social networks.

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