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BackUn chef d'État sans avion présidentiel : les voyages aériens du pape Léon XIV en France
Un chef d'État sans avion présidentiel : les voyages aériens du pape Léon XIV en France
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Le Figaro Actualités1 hour agoWorld5 min readFrance

Un chef d'État sans avion présidentiel : les voyages aériens du pape Léon XIV en France

Pour son voyage apostolique en France, Léon XIV utilise des vols commerciaux affrétés, perpétuant une tradition diplomatique et aéronautique unique.

Quick Look

Le pape Léon XIV effectue son voyage apostolique en France à bord de vols commerciaux affrétés auprès d'ITA Airways et d'Air France, illustrant la tradition vaticane de ne posséder aucune flotte d'État.

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Why It Matters

Le Vatican ne possède pas d'avion présidentiel et affrète des compagnies commerciales pour les déplacements internationaux du pape.

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Un chef d’État sans avion présidentiel : le paradoxe résume à lui seul la façon très particulière dont voyage un pape. La Cité du Vatican a un drapeau, des institutions, une diplomatie, une poste, une monnaie et même une petite gare — mais ni flotte gouvernementale, ni appareil permanent comparable à Air Force One ou au Cotam français. Le souverain pontife monte donc, à chaque voyage international, à bord d’un avion de ligne affrété ou temporairement mis à sa disposition.

Ce vendredi matin, pour ouvrir son premier voyage apostolique en France, Léon XIV a quitté Rome-Fiumicino à bord du vol AZ4000 d’ITA Airways, à destination de Paris-Orly. L’appareil a décollé à 7 h 58, selon Vatican News, et devait arriver à 10 heures, avant une cérémonie d’accueil sur le tarmac d’Orly, en présence d’Emmanuel Macron.

AZ4000 : derrière ce code sec, une petite tradition de l’aviation pontificale. Depuis le premier voyage aérien d’un pape, celui de Paul VI en 1964, les départs depuis l’Italie sont habituellement opérés sous ce numéro de vol, hier chez Alitalia, aujourd’hui chez ITA Airways. L’avion change, la destination aussi, mais l’indicatif demeure. Ce n’est pas le nom d’un appareil spécial : seulement une continuité dans un protocole qui a appris à se moderniser sans se départir de ses rites.

Pendant quatre jours, Léon XIV doit passer de Paris et Saint-Denis à Lourdes, puis Metz, avant le retour à Rome. La tournée — placée sous la devise « Pour que le monde ait la vie » — conjugue séquences institutionnelles, rendez-vous ecclésiaux et grands rassemblements populaires. Lourdes, avec la grotte de Massabielle et la messe dominicale du sanctuaire, en sera le temps spirituel le plus visible ; Metz, la dernière étape française, doit refermer le voyage sur les thèmes de l’Europe et du dialogue interreligieux.

Un A321 sans ailes vaticanes

À Orly, le pape ne trouvera pas un avion immatriculé au Vatican l’attendant au pied de la passerelle. Après les rendez-vous parisiens, il doit emprunter samedi un Airbus A321 d’Air France vers Tarbes-Lourdes, puis, lundi, rejoindre Metz avant de regagner Rome. Trois liaisons : Paris-Orly–Tarbes-Lourdes-Pyrénées, Tarbes-Lourdes-Pyrénées–Metz-Nancy-Lorraine et Metz-Nancy-Lorraine–Rome-Fiumicino.

L’A321, baptisé « Beaune » dans la flotte d’Air France, est habituellement engagé sur le réseau commercial de la compagnie. Pour quelques jours, il est sorti de cette routine et affecté au déplacement pontifical ; il ne devient pas pour autant un avion du Saint-Siège. La distinction importe : le Vatican ne se dote pas d’une flotte, il loue les ailes dont il a besoin.

Le temps des trois liaisons, « Beaune » sera temporairement rebaptisé « Cité du Vatican ». Sous les hublots, cette appellation remplacera son nom habituel ; près de la porte avant gauche, par laquelle le pape doit embarquer, les armoiries de l’État de la Cité du Vatican seront apposées. Ce décor de circonstance disparaîtra après le dernier trajet vers Rome, précise Air France au Figaro.

À bord, la compagnie annonce le souverain pontife, son entourage, plus de 70 membres de la délégation vaticane — dont des cardinaux, évêques et personnels du Saint-Siège —, des personnels de sécurité, des gardes suisses et plus de 80 journalistes internationaux accrédités. Deux cabines doivent accueillir ce microcosme où s’entrecroisent autorités religieuses, diplomates, communicants, protecteurs et presse mondiale.

Un vol prioritaire, pas un ciel à part

Les trois liaisons Air France relèvent du régime des vols d’État. La formule est impressionnante ; elle ne signifie pas pour autant que l’A321 se glissera dans un corridor aérien secret ou disposera d’un espace aérien privatisé.

Aucun couloir aérien dédié n’est prévu, confirme Air France au Figaro. Les équipages préparent et conduisent ces vols selon les procédures usuelles, en fonction de la météo, des risques orageux ou des zones de turbulence. Le statut donne toutefois à l’appareil une priorité dans sa gestion opérationnelle et dans la circulation aérienne, y compris en vol, explique la compagnie.

Il y a là toute l’ambivalence du voyage papal contemporain : un déplacement à la fois extraordinairement exposé et remarquablement banal dans ses gestes aéronautiques. À 10.000 mètres d’altitude, le pape ne voyage pas hors du monde ; il traverse les mêmes contraintes que les autres passagers, à ceci près que son avion est attendu, protégé et traité en priorité.

Les détails du dispositif de sécurité ne sont pas publics. Air France confirme seulement que les gardes suisses, chargés de la protection rapprochée du pape, font partie des personnes transportées, avec l’entourage Vatican et les journalistes accrédités.

Des papes, des avions et Air France

La relation entre Air France et les voyages pontificaux n’est pas nouvelle. Elle raconte, aussi, un siècle d’aviation civile : de l’âge des grands pèlerinages aériens à celui de l’A321, avec une parenthèse supersonique.

Le 23 mars 1958, le cardinal Angelo Giuseppe Roncalli, futur Jean XXIII, avait voyagé de Rome à Lourdes avec un groupe de prélats, selon les archives communiquées par Air France. L’itinéraire, alors déjà emblématique, annonce le rôle que Lourdes allait prendre dans les déplacements pontificaux et les pèlerinages contemporains.

Le souvenir le plus saisissant remonte au 2 mai 1989. Lors d’une tournée africaine, Jean-Paul II avait relié Saint-Denis de La Réunion à Lusaka, en Zambie, à bord du Concorde. L’image paraît presque irréelle : le chef de l’Église catholique dans le fleuron supersonique de l’aviation française. Air France ne possède pas de photographie patrimoniale de cette séquence, mais elle reste l’un des épisodes les plus étonnants de la rencontre entre le pontificat moderne et l’histoire de l’aviation.

En 1996, Jean-Paul II avait quitté Tours pour Rome-Fiumicino à bord d’un Airbus A310 d’Air France, après une autre visite en France. Les archives de l’INA le montrent saluant les officiels depuis la passerelle, silhouette blanche devant la carlingue de la compagnie. En septembre 2008, Benoît XVI avait lui aussi voyagé entre Paris-Orly, Tarbes-Lourdes et Rome en A321. Dix-huit ans plus tard, Léon XIV reprend les mêmes axes, à bord du même type d’appareil, mais sous une livrée provisoirement vaticane.

L’affiche, le pèlerinage et la marque

Avant le départ d’Orly vers Lourdes, Air France doit remettre à Léon XIV une reproduction d’une affiche réalisée par l’artiste Plaquet en 1949, à l’approche du jubilé catholique de 1950. Elle montre une Rome dominée par saint Pierre et le dôme de la basilique vaticane. À l’époque, la compagnie entendait accompagner l’essor des voyages de pèlerinage, en particulier vers Rome et Lourdes.

Le geste est autant patrimonial que symbolique. En 2008, Air France avait offert à Benoît XVI une affiche consacrée à Lourdes, aujourd’hui présentée au Vatican selon la compagnie. Cette fois, l’original de l’affiche de Rome ne change pas de propriétaire : il voyage à part, protégé, tandis que le pape doit recevoir une reproduction légèrement plus petite.

De Rome à Paris avec ITA Airways, puis de Paris à Lourdes, de Lourdes à Metz et de Metz à Rome avec Air France, l’itinéraire de Léon XIV dessine une géographie aérienne très contemporaine. Elle rappelle qu’à défaut d’appareil présidentiel, le Saint-Siège s’appuie sur des compagnies commerciales et les transforme, le temps d’un voyage, en instrument de diplomatie, de protocole et de représentation.

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Le pape Léon XIV se rendra à Paris, Saint-Denis, Lourdes et Metz sur quatre jours.

    Very likely · Within days

Open Questions

  • Quels seront les détails précis des rencontres à Paris et à Metz ?

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This article was originally published by Le Figaro Actualités.

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