
La présidente de la Commission européenne a présenté ses axes prioritaires devant le Parlement à Strasbourg, insistant sur l'autonomie industrielle, climatique et technologique.
Ursula von der Leyen a prononcé son discours sur l'état de l'Union à Strasbourg, appelant à renforcer l'indépendance de l'UE face à un monde hostile, entre transition énergétique, régulation de l'IA et partenariat renforcé avec le Canada.
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Discours annuel de la présidente de la Commission européenne sur l'état de l'Union devant le Parlement européen.
Menace russe, inquiétudes autour de l’IA, prix des carburants en hausse, transition écologique après un été caniculaire, addiction aux réseaux sociaux… Alors que les défis se multiplient, l’Union européenne entend accélérer ses réformes. Ce mercredi, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a présenté les grands axes de la politique qu’elle souhaite mettre en œuvre pour les années à venir, lors de son discours sur l’état de l’Union européenne au Parlement européen à Strasbourg.
L’occasion, pour la patronne de l’exécutif européen, de revenir sur les multiples défis auxquels les Vingt-Sept font face, devant le premier ministre canadien Mark Carney, invité d’honneur du discours. Le Figaro vous résume les principaux points à retenir de sa prise de parole, intitulée «Faire progresser l’Europe sur la voie de l’indépendance».
L’UE «n’a jamais été aussi forte» mais «n’a jamais semblé aussi précaire»
«C’était le meilleur des temps, c’était le pire des temps», écrivait Charles Dickens, à propos de la Révolution française. C’est sur cette citation que la présidente de la Commission européenne a démarré son discours sur l’état de l’Union européenne. «Les choses évoluent à une vitesse incroyable et les défis sont immenses», a-t-elle affirmé, évoquant une union «qui n’a jamais été aussi forte», mais «n’a jamais semblé aussi précaire». «Nous vivons une époque complexe faite de grandes possibilités mais aussi de grands dangers», a-t-elle poursuivi. Dans ce contexte, selon elle, «l’Europe a choisi de tracer sa propre voie, pour une Europe plus forte et plus indépendante».
L’Union européenne est confrontée à «un monde ouvertement hostile»
L’UE est confrontée à «un monde ouvertement hostile», a jugé Ursula von der Leyen. «Une guerre territoriale d’agression fait rage sur notre continent, d’autres ont éclaté à proximité. Une lutte pour les capacités industrielles façonne la concurrence mondiale. Et une bataille de discours cherche à affaiblir la confiance en l’Europe», a déclaré la présidente de la Commission européenne, faisant notamment référence à la guerre en Ukraine et au conflit au Moyen-Orient.
Ursula von der Leyen appelle à «lutter» contre les «ultranationalistes» et «anti-européens»
«Qu’il s’agisse d’ultranationalistes ou d’anti-européens, d’ingérences russes ou de désinformation, les noms changent, mais l’objectif est le même. Ils méprisent nos valeurs et veulent briser l’unité européenne. Alors luttons contre cela, mais luttons aussi ensemble pour notre idée de l’Europe», a déclaré la dirigeante allemande.
«Faisons de l’électrique l’avenir de l’Europe»
Le constat est sans appel : «L’Europe ne pourra pas rester puissance industrielle si les prix restent trop élevés», a estimé Ursula von der Leyen. Après s’être sevré de l’énergie russe, le continent fait face à la fermeture du détroit d’Ormuz depuis sept mois, qui lui a déjà coûté «quelque 90 milliards d’euros supplémentaires», a-t-elle déploré. La solution, selon elle : électrifier le continent et redoubler d’efforts pour produire une énergie «propre, locale et abordable», qu’elle soit renouvelable ou nucléaire, «du moment qu’elle serve notre indépendance.» L’objectif sera, a-t-elle assuré, de «doubler la part de l’électricité d’ici à 2040». Cela permettrait de «diminuer la facture d’importations de combustibles fossiles de quelque 60 milliards d’euros par an». «Faisons de l’électrique l’avenir de l’Europe», a-t-elle résumé.
Ursula von der Leyen annonce «une nouvelle coopération européenne sur les matières premières critiques»
«Nous sommes encore trop dépendants», a déploré la présidente de la Commission européenne à la tribune du Parlement européen. «Nous dépendons à plus de 80% de la Chine pour des matières premières critiques», a-t-elle affirmé à titre d’exemple. Pour gagner en indépendance, elle a promis l’établissement d’une «nouvelle coopération européenne sur les matières premières critiques». Évoquant le budget de l’UE, elle a affirmé qu’il y avait un besoin de «fonds propres» et d’«un système bancaire conçu pour la croissance et pas seulement sur la stabilité». Raison pour laquelle sera proposé un «nouveau paquet bancaire», axé sur la simplification.
L’UE utilisera «tous les outils» pour réduire son déficit commercial avec la Chine
«Nous utiliserons tous les outils dont nous disposons pour rééquilibrer notre relation» avec la Chine, a prévenu Ursula von der Leyen, alors que l’Union européenne cherche à réduire son déficit commercial colossal vis-à-vis de Pékin. «Parler, c’est bien. Agir, c’est mieux», a a-t-elle ajouté, affirmant que le dialogue entamé avec le géant asiatique devait produire «des résultats».
L’UE «peut, doit et va maintenir le cap sur ses objectifs climatiques»
Alors que l’ensemble du continent a été touché cet été par les vagues de canicule et les incendies, de la Grèce à l’Irlande, en passant par la France et l’Italie, et que 660.000 hectares ont été réduits en cendre, «il ne faut pas choisir entre l’atténuation et l’adaptation» au changement climatique, a estimé Ursula von der Leyen. L’Europe, qui se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde, «peut, doit et va maintenir le cap sur ses objectifs climatiques», a martelé la dirigeante allemande.
Ursula von der Leyen promet un «plan européen de lutte contre les vagues de chaleur»
La présidente de la Commission européenne a promis un «plan européen de lutte contre les vagues de chaleur» dans les mois à venir. Pour faire face aux canicules, elle a également proposé une «alliance pour l’assurance des risques climatiques», une «flotte européenne de lutte contre les incendies», ainsi qu’un plan de gestion de l’eau, «ressource précieuse pour l’industrie et la sécurité alimentaire.» Les agriculteurs ne seront pas en reste, a-t-elle assuré : «Nous les soutiendrons à chaque étape.»
Ursula von der Leyen «optimiste sur les bienfaits que l’IA peut apporter à notre humanité»
«L’IA est rapidement devenue un fondement de notre économie et de notre sécurité, a assuré Ursula von der Leyen. Nous voulons en tirer le meilleur parti pour améliorer notre qualité de vie et nos capacités productives. Je suis optimiste sur les bienfaits qu’elle peut apporter à l’humanité. Elle s’accompagne d’un mélange d’opportunités et de risques, auxquels il faut parer.» «Les dangers des modèles capables d’auto-améliorations deviennent de plus en plus évidents», a-t-elle ajouté, évoquant le piratage récent de la plateforme Hugging Face par des agents IA d’OpenAI. Selon elle, il faut écouter les PDG du secteur qui appellent à «ralentir la course». Ursula von der Leyen a dit souhaiter collaborer avec les pays à la pointe de l’IA pour instituer des «garde-fous».
Ursula von der Leyen propose que le Canada devienne le «premier membre associé» de l’UE
Alors que le système international fondé sur les règles «est fracturé», l’Europe doit «réinventer des partenariats». L’invitation du premier ministre canadien, Marc Carney, symbolise la volonté de l’UE d’établir des relations ténues avec les pays démocratiques. «Nous voulons élever les relations avec le Canada au plus haut niveau possible, et lui ouvrir la porte pour qu’il devienne le premier membre associé à l’UE», a affirmé Ursula von der Leyen, alors que le premier ministre canadien est chaleureusement applaudi par l’assemblée.
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Proposition d'un nouveau paquet bancaire axé sur la simplification.
Very likely · Within months

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