Fibre Excellence : la Région Occitanie complète son offre de reprise et demande un délai à l'État
Carole Delga annonce l'arrivée d'un nouvel investisseur et réitère sa demande de nationalisation temporaire.
Quick Look
- La Région Occitanie a complété son offre de reprise pour l'usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens avec un nouvel investisseur.
- Carole Delga demande quatre mois supplémentaires et réclame une nationalisation temporaire à l'État.
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Why It Matters
L'usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens emploie 270 salariés et fait face à des difficultés de reprise après la liquidation du site de Tarascon.
Quelques heures avant la clôture des dépôts, la Région Occitanie a complété son offre de reprise de l'usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens. jeudi 3 septembre, Carole Delga annonce l'arrivée d'un nouvel investisseur et demande quatre mois supplémentaires à l'État.
L'information est révélée par un message publié sur X dans la nuit de jeudi 3 septembre peut avant minuit. La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, annonce que l'Agence régionale des investissements stratégiques (ARIS) a complété son offre de reprise du site Fibre Excellence de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, où travaillent 270 salariés. Une annonce faite quelques heures seulement après le refus opposé par le gouvernement à sa demande de nationalisation temporaire.
Un nouvel industriel de la pâte à papier et de l'hygiène
L'offre déposée le 24 août par l'ARIS repose sur un plan d'investissement de 90 millions d'euros et sur un groupement d'entreprises. Elle s'appuie désormais sur un acteur supplémentaire, présenté par Carole Delga comme un investisseur du secteur de la pâte à papier et des produits d'hygiène, rencontré mardi en fin de journée après plusieurs jours d'échanges avec ses équipes. Par un courrier officiel remis au tribunal, celui-ci confirme son intérêt pour le savoir-faire du site et la qualité de sa production, et souhaite rejoindre les industriels déjà présents au tour de table.
La présidente de Région y voit la preuve que l'usine reste compétitive. Selon elle, ses résultats ont été positifs ces dix dernières années, à hauteur de 7 millions d'euros par an, et le seront de nouveau en 2027.
L'industrie de la pâte à papier a bien un avenir dans notre pays.
Carole Delga
compte X
Quatre mois de plus, et une nationalisation temporaire
Mais cette manifestation d'intérêt n'est pas encore une offre ferme. Pour la transformer, l'investisseur demande quatre mois supplémentaires, un délai que Carole Delga juge "indispensable". D'où sa relance adressée directement à Emmanuel Macron : elle réitère sa demande de nationalisation temporaire, par une entrée de l'État au capital de l'entreprise, comme la Région le fera de son côté dès lundi.
La Région a pris ses responsabilités. Tout est réuni aujourd'hui pour que l'État les assume.
Carole Delga
compte X
Jeudi matin, le ministre de l'Industrie Sébastien Martin avait pourtant écarté cette option, même temporaire. Dans la journée, des dizaines de salariés s'étaient rassemblés devant l'usine, aux côtés notamment du député PS Joël Aviragnet et du maire de Saint-Gaudens, Jean-Yves Duclos, pour demander au chef de l'État d'agir par décret.
La gauche unie derrière la nationalisation
Sur ce dossier, la gauche parle d'une même voix. Le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Boris Vallaud, a annoncé sur X le dépôt d'une proposition de loi visant à nationaliser l'entreprise.
Dès le printemps, La France insoumise avait lancé le débat de la nationalisation de Fibre Excellence : le député de la première circonscription de Haute-Garonne, Hadrien Clouet, est l'auteur d'une proposition de loi déposée le 27 mars et cosignée par une soixantaine de parlementaires, dont l'article premier tient en une phrase - la société est nationalisée.
La filière forêt-bois alerte sur des « répercussions nationales »
Au-delà du Comminges, c'est toute la filière forêt-bois qui suit l'échéance de lundi. Dans un communiqué diffusé jeudi, l'Union de la coopération forestière française (UCFF) apporte son soutien à "toutes les solutions" permettant de donner du temps aux repreneurs qui réclament un délai supplémentaire. L'organisation, qui fédère les douze coopératives forestières du territoire et 120.000 familles d'associés coopérateurs, salue le rôle "prépondérant" de la Région Occitanie ainsi que les efforts du Département de la Haute-Garonne, de l'État et d'acteurs privés pour trouver une solution viable.
L'usine de Saint-Gaudens absorbe à elle seule près de 15 % des débouchés français de "bois d'industrie", ce bois de moindre qualité issu d'Occitanie, de Nouvelle-Aquitaine et d'Auvergne-Rhône-Alpes. L'UCFF juge le maintien du site "indispensable" à la bonne gestion forestière et redoute, faute de reprise, des conséquences "désastreuses" pour l'ensemble des maillons de la filière : propriétaires publics et privés, gestionnaires, Office national des forêts, transporteurs routiers et ferroviaires, entrepreneurs de travaux forestiers et scieurs.
Le tribunal de commerce de Toulouse examinera le sort de l'usine lundi 8 septembre. Le site de Tarascon, dans les Bouches-du-Rhône, a lui été liquidé le 29 juillet. Saint-Gaudens est désormais le dernier site français de production de pâte à papier marchande.
What to Watch
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Examen du sort de l'usine par le tribunal de commerce de Toulouse
Very likely · Within days
Open Questions
- Le tribunal de commerce accordera-t-il le délai de quatre mois ?
- L'État reviendra-t-il sur son refus de nationalisation temporaire ?






