
Le syndicat national des médecins ophtalmologistes s'insurge contre la télé-expertise proposée par certains opticiens, dénonçant des risques de fraude et de santé publique, tandis que le Rassemblement des opticiens de France rejoint l'opposition, appelant à un encadrement de la pratique.
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La télé-expertise permet aux opticiens de réaliser des contrôles de la vue en magasin et de les envoyer à des ophtalmologistes recrutés par des sociétés spécialisées, qui fournissent ensuite l'ordonnance sans contact direct avec le patient.
Quand les opticiens fournissent l’ordonnance, les ophtalmologistes s’insurgent. La promesse de certains opticiens d'obtenir une ordonnance en 48h pour leurs clients provoque la colère du syndicat des médecins ophtalmologistes, qui dénoncent des risques de fraude et de santé publique. La pratique baptisée «télé-expertise» fleurit en ce moment dans les magasins d'optique, alimentée notamment par les difficultés des Français à obtenir un rendez-vous d'ophtalmologie.
Selon le procédé vendu aux opticiens par quelques sociétés spécialisées, l'opticien réalise lui-même dans son magasin les contrôles de la vue avec un équipement automatisé. Il les envoie ensuite à des médecins ophtalmologistes recrutés par ces sociétés. Ceux-ci fournissent ensuite l'ordonnance pour des lentilles ou des lunettes, sans jamais avoir eu le moindre contact direct avec le patient.
Le syndicat national des médecins ophtalmologistes (Snof) de France, représentatif pour les médecins libéraux, s'est insurgé jeudi contre le développement de cette pratique, qui pour lui risque de développer la fraude dans l'optique - un secteur où elle est déjà très présente. Selon le Snof, la télé-expertise a ainsi une nette tendance à produire des ordonnances pour lentilles de contact, particulièrement prisées par les opticiens fraudeurs. «30 à 40% des prescriptions réalisées via certains dispositifs de télé-expertise concerneraient des lentilles de contact, soit une proportion quatre ou cinq fois supérieure à celle observée en présentiel», a indiqué le syndicat.
Les opticiens fraudeurs utilisent les ordonnances pour lentilles pour facturer cet équipement coûteux aux assurances santé, tout en fournissant autre chose au patient, comme des lunettes haut de gamme qui n'auraient jamais eu droit à un tel remboursement. Par ailleurs, affirme le syndicat, en supprimant la consultation d'ophtalmologie, la pratique empêche le dépistage de «pathologies silencieuses», comme le glaucome ou certaines atteintes rétiniennes, «dont le retard de diagnostic peut entraîner des dommages irréversibles».
Des opticiens également opposés
Le Rassemblement des opticiens de France, le principal syndicat d'opticiens de France qui regroupe des grandes chaînes et des opticiens indépendants, rejoint le Snof pour s'opposer à la télé-expertise, en tout cas pour l'instant. «Nous soutenons la téléconsultation» dans les magasins d'optique, qui permet un contact direct entre le patient et le médecin, explique Jean-François Porte, son président. «En revanche, je souhaite que les opticiens n'aillent pas vers la télé-expertise, car il y a un risque juridique», du fait du «flou» des textes existants, ajoute-t-il.
Jean-François Porte ne condamne pas complètement la pratique, mais estime qu'elle doit être encadrée et mieux organisée. Elle ne devrait avoir lieu par exemple que dans un cadre territorial, avec des médecins situés à distance raisonnable de l'opticien, selon lui. «Si un médecin ophtalmologiste est à 600 kilomètres du patient, que va-t-il faire s'il décèle un problème sérieux» dans les données transmises par l'opticien ?, interroge-t-il.
Le docteur Vincent Dedes, président du Snof, a indiqué à l'AFP que son syndicat préparait des plaintes auprès de l'Ordre des médecins contre «cinq ou six médecins» collaborant avec les plateformes de télé-expertise. Un médecin ophtalmologiste parisien a été condamné au printemps dernier à six mois de suspension par le Conseil de l'ordre, pour avoir fourni des ordonnances de cette manière.
Des dizaines de millions d’euros de fraudes dans l’optique
Les mutuelles, qui remboursent lentilles et lunettes, ont détecté 59 millions d'euros de fraude en 2025 dans le secteur de l'optique, selon l'agence de lutte contre la fraude à l'assurance (Alfa). C'est le premier poste de fraude détecté en assurance santé, largement devant le dentaire et l'audioprothèse. Jean-François Porte reconnaît que «de 2 à 5%» des magasins d'optique commettent des fraudes.
Selon une analyse validée tant par le syndicat des ophtalmos que par celui des opticiens, seule la moitié des dépenses de remboursement de lentilles concernerait réellement cet équipement. Le reste pourrait être détourné pour d'autres utilisations. Les deux organisations s'appuient notamment sur des statistiques officielles, qui montrent que les dépenses de remboursement de lentilles (861 millions d'euros en 2024 selon l'administration) sont deux fois supérieures au chiffre d'affaires des vendeurs de lentilles sur le territoire (environ 400 millions d'euros selon eux).
AI outlook — possibilities, not facts
Le Snof déposera des plaintes auprès de l'Ordre des médecins contre cinq ou six médecins ophtalmologistes collaborant avec les plateformes de télé-expertise.
Very likely · Within weeks
Les autorités sanitaires françaises envisageront un encadrement réglementaire de la télé-expertise en optique.
Likely · Within months
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At least 750 students and teachers fell ill after consuming a free school meal in Rembang, Java, days after a similar case in Sidoarjo that hospitalized more than 500 students. The free meals program, launched in January 2025 by President Prabowo Subianto, faces criticism for its cost, recurring cases of food poisoning and allegations of corruption.

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