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L'étude actualise une revue systématique précédente basée sur 214 publications couvrant 62 pays entre 2006 et 2023, complétée par les données de mortalité de l'OMS pour 77 autres pays. Elle se concentre exclusivement sur les intoxications aiguës non intentionnelles aux pesticides (UAPP), excluant les effets chroniques d'exposition prolongée.
Un chiffre vertigineux : l'équivalent de près d'un agriculteur sur deux dans le monde est victime, chaque année, d'une intoxication aiguë non intentionnelle aux pesticides. C'est l'estimation avancée par une étude publiée mercredi 2 septembre dans la revue scientifique Frontiers in Public Health. Ses auteurs dénombrent 402 à 433 millions de cas annuels parmi les agriculteurs et les ouvriers agricoles. Rapporté aux quelque 934 millions de personnes qui composent la population agricole mondiale, cela représente environ 46%.
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Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont actualisé une précédente revue systématique de la littérature scientifique. Leur analyse s'appuie sur 214 publications couvrant 62 pays entre 2006 et 2023, complétées par les données de mortalité de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour 77 autres pays. Les auteurs de l'étude ont ensuite établi des estimations nationales, avant de les agréger par région pour parvenir à une estimation mondiale.
L'Asie et l'Afrique, continents les plus exposés
Toutes les régions du monde ne sont pas touchées de la même façon. Le plus grand nombre de cas est estimé en Asie du Sud, devant l'Asie du Sud-Est et l'Afrique de l'Est. L'Inde concentre à elle seule une part considérable du phénomène : les chercheurs y dénombrent environ 169 millions de cas non mortels chaque année, soit plus de 73% des agriculteurs et travailleurs agricoles locaux (230 millions de personnes).
Le taux le plus élevé relevé dans les données utilisées concerne toutefois le Burkina Faso. L'étude y fait état d'une prévalence de 83,8% chez les agriculteurs et travailleurs agricoles. A l'échelle mondiale, les auteurs évaluent également à un peu plus de 11 000 le nombre de décès annuels provoqués par des intoxications aiguës non intentionnelles aux pesticides.
L'étude porte uniquement sur les intoxications aiguës non intentionnelles aux pesticides (UAPP), c'est-à-dire des effets sur la santé apparaissant après une exposition. Elle ne cherche donc pas à mesurer l'ensemble des conséquences susceptibles d'apparaître après plusieurs années d'exposition. Surtout, les centaines de millions de cas recensés ne correspondent pas nécessairement à autant de personnes différentes. Les chercheurs préviennent qu'un même individu peut subir plusieurs intoxications au cours d'une période donnée. Le nombre de cas peut donc être supérieur au nombre réel de personnes touchées.
Un appel à "une action immédiate" à l'échelle mondiale
Les auteurs de l'étude reconnaissent par ailleurs d'importantes limites. Les données disponibles restent très inégales d'un pays à l'autre : certaines sont documentées par de nombreuses publications, tandis que d'autres ne reposent que sur une seule enquête, parfois menée auprès de petits échantillons ou de populations particulièrement exposées. Les chercheurs admettent ainsi que certaines extrapolations peuvent conduire à surestimer le nombre d'intoxications lorsqu'elles reposent sur des régions où l'utilisation des pesticides est particulièrement importante.
A l'inverse, de nombreux cas peuvent passer sous les radars. Absence d'obligation de signalement, erreurs de diagnostic, symptômes pouvant être confondus avec ceux d'autres maladies ou encore couverture insuffisante des centres antipoison : autant de facteurs susceptibles de conduire à une sous-déclaration des intoxications. Face à ces lacunes, les chercheurs appellent à une meilleure harmonisation des données à l’échelle internationale. "La mise en place de protocoles standardisés de surveillance et de signalement est essentielle", insistent-ils.
Ils appellent également à appliquer les recommandations de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) visant à éliminer progressivement les pesticides les plus dangereux lorsque leurs risques ne peuvent pas être maîtrisés. Pour les auteurs, les incertitudes entourant l'ampleur exacte du phénomène ne remettent donc pas en cause leur constat général. "Les données existantes justifient amplement une action immédiate", écrivent-ils, appelant à ne plus considérer uniquement les intoxications mortelles. Selon eux, les centaines de millions de cas non mortels constituent également un lourd fardeau sanitaire, particulièrement pour les personnes qui manipulent régulièrement ces produits dans le cadre de leur travail.
AI outlook — possibilities, not facts
L'Organisation mondiale de la santé va proposer de nouveaux protocoles standardisés de surveillance des intoxications aux pesticides d'ici 12 mois.
Likely · Within months
Plusieurs pays vont réviser leur réglementation nationale sur les pesticides les plus dangereux suivant les recommandations de la FAO.
Possible · Within months

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