Télé-expertise optique : le Snof dépose plainte et alerte sur les dérives
Le syndicat national des ophtalmologistes de France dénonce des pratiques de télé-expertise servant à augmenter le chiffre d'affaires des opticiens.
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Le Snof dépose plainte auprès de l'Ordre des médecins contre des acteurs de la télé-expertise optique, dénonçant l'absence d'examen médical, des risques pour la santé visuelle et un modèle visant à augmenter le chiffre d'affaires des opticiens.
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Why It Matters
Le développement de la télé-expertise répond aux difficultés croissantes des patients pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste.
Le syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof) alerte, jeudi 3 septembre sur France Inter, "sur les dérives de la télé-expertise optique et demande un encadrement renforcé". Face "aux dérives constatées", le conseil d’administration du Snof "a voté à l’unanimité le dépôt d'une plainte" auprès du conseil de l'Ordre des médecins "à l’encontre de plusieurs acteurs et prescripteurs de ces sociétés de télé-expertise dont les pratiques sont susceptibles de contrevenir au cadre médical et réglementaire en vigueur", s'insurge le syndicat national des ophtalmologistes de France.
La télé-expertise est une pratique qui permet à un opticien de transmettre des mesures de la puissance de l'œil du patient, sans "aucun examen médical", dénonce Vincent Dedes, président du syndicat national des ophtalmologistes de France. Cette mesure est ensuite "envoyée tout simplement en ligne à un ophtalmologiste partenaire" dont certains sont "actionnaires de ces sociétés et l'ophtalmologiste va recopier tout simplement l'ordonnance", pour la renvoyer au magasin d'optique, indique-t-il. Cette télé-expertise se développe parce que les patients ont de plus en plus de mal à trouver un rendez-vous chez un ophtalmologiste.
Un modèle qui sert à "augmenter le chiffre d'affaires" des opticiens
Il ne s'agit donc pas de télé-médecine, selon le Snof. "On est très inquiets pour la santé visuelle de ces patients qui sont repartis en ayant acheté des lunettes. Le modèle de cette expertise est essentiellement pour ça. Elles ne servent qu'à augmenter le chiffre d'affaires du magasin" d'optique "et pas à grand-chose d'autre", poursuit Vincent Dedes.
"Plus de 5 000 patients ayant obtenu une ordonnance optique via des dispositifs de télé-expertise sont atteints d’un glaucome qui n’a pas été dépisté et pourraient ainsi rester non traités."
Autre constat préconisant, selon le Snof, "30 à 40% des prescriptions réalisées via certains dispositifs de télé-expertise concerneraient des lentilles de contact, soit une proportion quatre à cinq fois supérieure à celle observée en consultation présentielle. Un écart qui interroge sur les conditions de prescription, alors que les lentilles nécessitent une évaluation médicale adaptée." Le renforcement des contrôles annoncé par l’Assurance maladie "sur les ordonnances issues de télé-expertises optiques constitue également une avancée nécessaire", salue le syndicat car "une prescription qui ne respecte pas les règles en vigueur ne doit pas pouvoir être prise en charge comme si elle était conforme".
What to Watch
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Examen de la plainte par le conseil de l'Ordre des médecins
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Open Questions
- Quels sont les acteurs et prescripteurs visés par la plainte ?
- Quelles sanctions seront prises par le conseil de l'Ordre ?





