Stade Toulousain et amende pour le salary cap : Ugo Mola face au mythe de l'hostilité
Malgré une amende de 2,7 millions d'euros infligée au Stade Toulousain pour des infractions au salary cap, l'entraîneur Ugo Mola dénonce une hostilité. Pourtant, le monde du rugby fait preuve d'un silence quasi unanime.
Quick Look
- Ugo Mola tente de mobiliser le Stade Toulousain en dénonçant une hostilité après l'amende de 2,7 millions d'euros reçue pour infractions au salary cap.
- Une situation qui laisse pourtant le milieu du rugby et les supporters étonnamment silencieux.
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Why It Matters
Le Stade Toulousain a écopé cet été de 2,7 millions d'euros d'amende en appel pour des dépassements du plafond salarial.
Ugo Mola est fort, très fort. Non seulement l’entraîneur du Stade Toulousain a fait de son équipe une machine de guerre en quête d’un historique cinquième Bouclier de Brennus, mais il va réussir en plus à se servir des déboires financiers de son club, puni cet été d’une grosse amende pour des infractions au salary cap, pour motiver encore plus ses troupes. Et ce dès dimanche à La Rochelle (21h05), pour la première journée du Top 14.
« C’est trop facile de faire croire à tout le monde que le club gagnerait parce qu’il n’aurait pas respecté les règles, a expliqué Mola sur Rugbyrama. Quand j’entends un secrétaire général de la Ligue dire qu’il faut punir le Stade Toulousain, il ne comprend pas qu’il punit en fait le rugby. Le Stade toulousain n’a jamais instauré la triche en système. Ce qui me gêne, c’est cette hostilité qui commence à germer. »
Mais, Ugo, cette « hostilité » est-elle ici, avec nous, dans cette pièce ? Depuis que le club haut-garonnais a écopé de 2,7 millions d’euros d’amende en appel pour des dépassements du plafond salarial autorisé lors de trois des quatre dernières saisons (2021-2022, 2022-2023 et 2024-2025), mais aussi de manquements à l’obligation générale de transparence et de coopération de 2021 à 2025, les voix contestataires peinent même à se faire entendre.
« Crainte et respect » du Stade Toulousain
Pas d’indignations des présidents ou des entraîneurs des autres clubs du Top 14, pas de contestation des supporteurs dans les stades… A peine quelques petits cris d’orfraie sur les réseaux sociaux, et puis c’est tout. Comme si les petits arrangements du Stade Toulousain, ultra-dominateur sur la scène nationale, ne dérangeaient personne. Circulez, il n’y a rien à voir.
Pourtant, il y aurait de quoi faire tant les Rouge et Noir se sont fait taper sur les doigts ces dernières années : une amende avec sursis lors du départ de Cheslin Kolbe vers Toulon, une contribution de 1,3 million d’euros pour arrêter les poursuites autour du transfert de Melvyn Jaminet, sans compter les procédures de médiation entre le club et la LNR qui n’ont pas été rendues publiques.
« Je comprends la mansuétude, parce que c’est dans la nature du rugby, assure Jean-Pierre Elissalde, ancien entraîneur du Stade Rochelais qui se réjouit même de revoir Antoine Dupont fouler enfin la pelouse de Deflandre dimanche après cinq ans d’absence. Pas beaucoup de voix se sont élevées parce que c’est un géant. Parfois, on est plus sévère avec le faible qu’avec le fort, c’est vieux comme le monde. Toulouse, par sa situation, son passé, son présent et son futur, il y a une forme de crainte et de respect. On n’a pas envie de se le mettre à dos. »
« On ne s’occupe pas des affaires des autres »
Même Laurent Marti, le président de l’UBB, n’a pas surfé sur les malheurs du voisin garonnais pour tenter d’en tirer profit, après deux finales de Top 14 perdues face à Toulouse en 2024 et 2025. « Je ne m’occupe pas des affaires des autres, à chaque club ses histoires et ses complexités, a lâché le président bordelais sur RMC. Il y a des contextes qui font qu’à un moment donné un club peut commettre des erreurs, mais ce n’est pas parce qu’il le fait que tout le monde le fait. »
Cet encéphalogramme plat des dirigeants du Top 14 ne surprend même pas les supporteurs des clubs rivaux, à l’image de Julien Perpère, président du groupe de supporteurs des Fils de Besagne, à Toulon :
« On a un président (Bernard Lemaître) qui n’aime pas faire trop de vagues, qui essaie d’être consensuel. Je savais qu’il ne ferait aucune déclaration pour éclabousser le Stade Toulousain. Ce qui se passe à Toulon, c’est valable dans beaucoup de clubs. Dans le monde du rugby, il y a une hypocrisie générale ancrée depuis la nuit des temps. Ça ne se fait pas de se tacler, de se dénoncer ou de se critiquer. On le fait par-derrière, mais publiquement, ça ne se fait pas. »
Pas de « réception hostile »
Et encore moins dans les stades. Que ce soit à Toulon, à Clermont ou à La Rochelle, les associations de supporteurs nous ont assuré qu’il n’y aurait aucun signe de protestation au moment d’affronter Toulouse à domicile : « Il n’y aura pas de réception hostile, indique Alexis Rabier, président de l’association de supporteurs de l’ASM Les mordus Jaune et Bleu. Evidemment, c’est le sujet de l’intersaison, mais de là à avoir un accueil différent, non. Il y a d’autres moyens de montrer sa colère que dans des stades à faire un peu comme le foot. »
« De toute façon, la sentence a été rendue et quoiqu’on dise, nous, on n’a aucun pouvoir, ajoute Nathan Paillet, président de la Team Béret 17, club de supporters du Stade Rochelais. Alors, oui, comparé à ce qui s’est passé avec les Saracens il y a quelques années, qui ont été relégués, on peut se poser la question de pourquoi Toulouse a été assez épargné, mais la justice a rendu son verdict. » Bon, Ugo, ça va être quand même compliqué de capitaliser sur cette « hostilité » pour motiver tes hommes. En même temps, en ont-ils vraiment besoin pour remporter un nouveau Bouclier de Brennus ?
Open Questions
- Comment le Stade Toulousain gérera-t-il cette pression en interne ?




