Enquête sur le drone chargé d'explosifs à l'aéroport de Leipzig
Deux suspects identifiés par les autorités allemandes, Berlin pointe la responsabilité de la Russie dans cette attaque hybride.
Quick Look
- La police allemande a identifié deux suspects, liés à la Russie, impliqués dans l'acheminement d'un drone chargé d'explosifs à l'aéroport de Leipzig-Halle début août.
- Berlin dénonce une attaque hybride orchestrée par des agents sous ordres russes.
AI-generated summary
Why It Matters
Un drone chargé d'explosifs a été découvert début août dans la zone de fret de l'aéroport de Leipzig-Halle, entraînant une interruption du trafic aérien.
L'enquête sur le drone chargé d'explosifs à Leipzig (Allemagne) se poursuit. Outre-Rhin, la police a identifié deux hommes – l'un né en Russie, l'autre ayant un passeport russe – suspectés d'avoir acheminé ce drone à l'aéroport de Leipzig-Halle, dans l'est de l'Allemagne. Trois médias allemands, Süddeutsche Zeitung, NDR et WDR, ont révélé cette information, mercredi 2 septembre.
Le ministre de l'Intérieur allemand, Alexander Dobrindt, a affirmé mardi que la Russie était "responsable" de "l'attaque hybride" menée avec ce drone début août. "Les enquêtes policières, les modes opératoires et les informations des services de renseignement démontrent une responsabilité russe", a-t-il déclaré. Après le signalement d'un "objet volant non identifié" près des pistes, le trafic aérien avait été interrompu pendant environ deux heures. Le drone avait été découvert dans la zone sécurisée des opérations de fret, près de plusieurs avions-cargos ukrainiens.
Nationalité, antécédents judiciaires... Franceinfo fait le point sur les deux personnes soupçonnées d'être impliquées dans cette attaque.
Des agents "jetables" qui ont agi sur ordre de la Russie, selon Berlin
"Nous ne considérons pas l'incident de Leipzig de manière isolée, mais nous le voyons dans le contexte d'autres actions hybrides", a déclaré mardi le ministre de l'Intérieur allemand, Alexander Dobrindt, aux côtés de son homologue des Affaires étrangères, Johann Wadephul.
A l'aéroport de Leipzig, la technologie utilisée et "l'interaction des différents éléments doivent être qualifiées de professionnelles", a poursuivi le ministre de l'Intérieur. Elles "révèlent un haut niveau d'expertise technique ainsi qu'un effort organisationnel considérable". D'après le responsable allemand, l'exécution de la "tentative d'attentat" a relevé d'agents dits "jetables", qui ont agi "sur ordre d'autorités étatiques russes".
Un suspect russe et letton, lié aux renseignements de Moscou
L'un des suspects est né en Russie et possède un passeport letton, d'après les informations de la Süddeutsche Zeitung et des médias publics NDR et WDR. Selon ces médias, cet homme est lié aux services de renseignement russes et a agi comme logisticien et instructeur de l'attaque.
Ce suspect est entré en Allemagne à la fin du mois de juillet, arrivant par l'aéroport de Berlin. Il s'est ensuite rendu à Leipzig en louant une voiture, précisent la Süddeutsche Zeitung, NDR et WDR. L'homme a ensuite quitté l'Allemagne deux jours avant l'attaque hybride à l'aéroport, passant de nouveau par Berlin, d'après ces médias.
Un second suspect biélorusse et russe, entré dans l'UE avec un visa italien
D'après la Süddeutsche Zeitung, plusieurs enquêteurs ont repéré des traces ADN sur le site de l'attaque. Ces traces se trouvaient sur un drone, sur une antenne fixée à un arbre et sur une boîte de conserve remplie d'explosifs. Les enquêteurs, en ayant recours aux bases de données européennes, ont réussi à trouver des correspondances pour ces traces en Lituanie et en Finlande, détaille le journal allemand.
Un suspect biélorusse a ainsi été identifié, après plusieurs délits dans d'autres pays. Cette personne détient un passeport russe et a pu arriver en Allemagne grâce à un visa touristique italien, selon les trois médias allemands. Un visa délivré fin avril à Minsk (Biélorussie) par l'ambassade italienne.
Le ministre des Affaires étrangères italien, Antonio Tajani, a été questionné sur la délivrance de ce visa lors d'une réunion avec ses homologues de l'Union européenne à Wicklow (Irlande). Il a précisé que "s'il n'y a aucun signalement sur les individus concernés, le visa est accordé".
Open Questions
- Quelles seront les mesures de rétorsion diplomatiques de l'Allemagne ?
- Où se trouvent actuellement les deux suspects identifiés ?




